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Roland Gori et François Richard 01 mai Arras

27 Avril 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

 

 

 

 

 

Redonner une dignité à la

pensée, une solution au

malaise de la culture ?

Rencontre avec Roland Gori, auteur de

La dignité de penser

 

 

, et François Richard

qui a signé

 

 

Malaise dans la culture.

Tous

deux psychanalystes, ils livrent, dans leurs

ouvrages, une analyse singulière de la société.

Débat organisé en partenariat avec le collectif

L’Appel des Appels.

􀂫

 

 

À 17h, Théâtre d’Arras, salle des concerts.

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Cinéma du couple Lille 19 Mai

26 Avril 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

                                              Association Française des Centres

                                                                           de Consultations Conjugales

                                                   

 

 

vous invite à participer au

Cinéma du couple

autour du film

«LES NOCES REBELLES»

 

Cette projection sera suivie d’un débat animé par

le Docteur Jacques ASCHER, Psychanalyste

 et par les Praticiens de l’AFCCC

 

Dans ce film nous sommes témoins de la manière dont le tissu qui soutenait le lien amoureux d’un homme et d’une femme

se défait, tissu fait de paroles, de promesses et de rêves.

Arrive alors le temps de la désillusion…

                      

 SAMEDI 19 MAI 2012

  à  14 H 30

 

au Cinéma L’UNIVERS

16 rue Georges Danton 59000 LILLE

(Métro : Porte de Valenciennes)

Accueil à partir de 14 H 00

 

Participation aux frais : 5 €

Nombre de places limité

 

Afccc : 69 rue Négrier 59000 Lille
Tel  : 03 20 30 97 70

                  Mail : a.f.c.c.c@wanadoo.fr

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Alain Badiou, Elisabeth Roudinesco : « Jacques Lacan, passé présent. Dialogue »

25 Avril 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #livres

Alain Badiou, Elisabeth Roudinesco : « Jacques Lacan, passé présent. Dialogue »

Appel aux psychanalystes d'Elisabeth Roudinesco et Alain Badiou

La psychanalyste et le philosophe, coauteurs de "Jacques Lacan, passé présent" (Seuil), sonnent l’alarme : la psychanalyse s’est coupée de la société. Mais, plus que jamais, il faut défendre sa dimension libératrice.

A la fin de l'un ouvrage que vous avez écrit ensemble, vous lancez un appel pour sauver la psychanalyse. Que se passe-t-il de si grave ?

Alain Badiou. La psychanalyse est, avec le darwinisme et le marxisme, l’une des révolutions majeures de notre temps. Dans les trois cas, il ne s’agit ni de sciences exactes, ni de croyances philosophiques ou religieuses, mais de "pensées" : matérialistes, liées à des pratiques, elles ont changé notre vision du monde et subissent le même type de critiques. Les attaques contre la psychanalyse doivent être donc comprises dans le cadre d’une crise globale de l’intellectualité. Une crise qui, si l’on veut la résumer, se caractérise par la tentative de remplacer le "sujet" par l’individu. Qu’est-ce que le "sujet" ? C’est l’être humain compris comme un réseau de capacités qui lui permettent de penser, créer, partager, agir collectivement, aller au-delà de ses singularités, ce qui est la condition de la liberté. Bien sûr, le sujet est porté par l’individu et ses singularités – un corps, une identité, une position sociale, des pulsions – mais ne s’y réduit pas. Etre sujet, c’est circuler entre la singularité et l’universalité, et c’est sur cet écart que la psychanalyse fonde son action : elle aide l’individu à devenir pleinement un sujet. En cela, c’est une discipline émancipatrice avant d’être thérapeutique. 

Cette dimension est-elle vraiment menacée ?

A. Badiou. Aujourd’hui, on nous dit qu’être un individu suffit largement. C’est le discours du libéralisme soi-disant démocratique et libéral, mais qui produit des individus malléables, soumis, enfermés, incapables d’actions communes : des individus privés de la capacité d’être sujet. Car le capitalisme n’a que faire des sujets : seul l’intéresse l’appétit animal des individus. Mais c’est aussi le discours de la neurologie, qui veut réduire l’individu à sa dimension neuronale. Se moquant des savants qui, au XIXe siècle, croyaient pouvoir déduire les caractères d’un individu de la forme du crâne, Hegel disait que, pour eux, "l’esprit est un os". Aujourd’hui, la neurologie dit : "L’homme est un gros sac de neurones." Ce n’est pas mieux ! Nous avons affaire à un nouveau scientisme, asservi cette fois au déploiement du capital. Dans le champ du psychisme, seule la psychanalyse, je crois, est en mesure de nous en préserver. Mais – c’est là le deuxième volet de notre appel – je n’ai pas le sentiment que les psychanalystes, pris dans leurs querelles intestines, fassent ce qu’il faut pour se défendre. Ils doivent trouver le moyen de satisfaire la nouvelle demande qui leur est adressée sans céder à ce néo-positivisme. Ils sont immobiles, à eux de faire un pas en avant.

Elisabeth Roudinesco, vous qui défendez la psychanalyse depuis longtemps, comment en est-on arrivé là ?

Elisabeth Roudinesco. D’abord, la psychanalyse, comme formation de psychopathologie, est enseignée dans les départements de psychologie, laquelle n’est pas prête à prendre en charge l’inconscient et n’a pas la culture liée à sa compréhension. Dominée par les sciences médicales, la psychologie obéit à des évaluations qui n’ont rien à voir avec les sciences humaines. Autrefois, pour devenir psychanalyste, il fallait une formation clinique et une solide culture philosophique, historique et littéraire. En inscrivant la psychanalyse dans une logique de professionnalisation, on a détruit sa transmission comme pensée. Par ailleurs, il y a trente ans, l’essentiel des psychanalystes étaient psychiatres, et donc cliniciens de l’âme ; aujourd’hui, ils sont psychologues. La psychiatrie s’est ralliée aux thérapies cognitivistes et comportementalistes (TCC) qui renvoient à une conception de l’homme réduit à ses neurones. Bien sûr, les pathologies peuvent avoir une dimension organique. Mais, même là, le médicament ne suffit pas : il faut aussi prendre en compte la part subjective du patient.

Quelle est la part de responsabilité des psychanalystes eux-mêmes ?

E. Roudinesco. Ils ne produisent plus d’œuvre théorique. Leurs sociétés fonctionnent comme des corporations professionnelles. Condamner l’homoparentalité, la procréation assistée ou la toute-puissance des mères contre la fonction paternelle, c’est grave : les psychanalystes n’ont pas à s’instaurer en gendarmes de la bonne conduite au nom du complexe d’Œdipe. Ils font des diagnostics en direct dans les médias et ont abandonné la question politique : majoritairement, ils sont des esthètes sceptiques désengagés de la société. Surtout, ils prétendent soigner les souffrances sur un modèle ancien. Or, les pathologies ont changé. La psychanalyse est née de la névrose et de l’hystérie, deux symptômes propres aux sociétés marquées par la frustration sexuelle. Aujourd’hui, ce qui fait souffrir, c’est la relation à soi : on le voit avec l’importance accordée au narcissisme et aux perversions. Au temps de Freud, les patients étaient de grands bourgeois, qui avaient le temps et l’argent, ce que n’a pas le nouveau public, moins élitiste.

Comment s’adapter, alors ?

E. Roudinesco. Le "pas en avant" dont parle Alain Badiou serait de se mettre à l’écoute de cette nouvelle demande. Je crois possible, dans le cadre de la psychanalyse, de mener des thérapies courtes avec des séances longues, comme le faisait Freud, et où l’on parle aux gens avec empathie. L’analyse classique serait réservée à ceux qui le veulent. Tout le monde n’a pas envie d’explorer le tréfonds de son inconscient. Nous ne sommes plus en 1900, la psychanalyse est passée dans la culture et les gens savent qu’ils ont un inconscient. Leur demande n’est plus de le découvrir, mais souvent de résoudre une situation concrète. La nouvelle génération de praticiens devra le faire, faute de quoi elle n’aura plus de patients. C’est à elle que nous nous adressons.

Propos recueillis par Eric Aeschimann

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A lire absolument, prenez ce temps

23 Avril 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #infos

Voilà on vient de recevoir cet article de Media part, très instructif quand on sait que ce sont ces mêmes personnes qui considèrent le packing comme une torture et donnent des leçons depuis des mois. L'article mérite votre lecture, on appelle cela un retour de baton . Il serait temps de passer à autre chose et que dans le cas de l'autisme comme dans d'autres les intérêts personnels, ne passent pas avant ceux des patients.

Autisme : le centre ABA de Villeneuve d’Ascq emploie des méthodes abusives

Autisme : Un courrier embarrassant pour un centre toujours cité en exemple

Un courrier embarrassant pour un centre toujours cité en exemple
Par Sophie Dufau

C'est une plainte bien embarrassante. Il y a un peu moins de dix mois, Fernando Ramos, père de deux enfants autistes, a adressé un courrier à l'agence régionale de santé (ARS) du Nord-Pas-de-Calais afin, raconte-t-il, «d'ouvrir les yeux des pouvoirs publics sur les méthodes utilisées par le centre Camus de Villeneuve-d'Ascq». Selon lui, certaines pratiques employées ici relevaient « de la maltraitance ». La lettre reçue le 7 juillet 2011 par le directeur général de l'ARS a déclenché le 25 août et 9 septembre 2011 la visite de quatre membres de l'équipe d'inspection (IGR). Lesquels ont remis leur rapport le 29 février 2012. Révélé aujourd'hui par Mediapart, il conclut que ce centre présente des «dysfonctionnements» constituant «des facteurs de risques de maltraitance susceptibles d'avoir des répercussions sur les enfants accueillis»...

 

C'est une plainte bien embarrassante parce que le centre Camus n'est pas une simple structure accueillant des enfants présentant des “troubles sévères du comportement”. C'est la tête de pont, en France, de la prise en charge des enfants autistes via la méthode comportementale ABA – pour Applied Behavior Analysis, ou en français, analyse appliquée du comportement. Ce centre, qui a ouvert ses portes en juin 2008, a été largement présenté au grand public à l'automne de cette année-là, lorsque l'acteur Francis Perrin a eu carte blanche dans l'émission Envoyé spécial de France-2 pour présenter la méthode et les professionnels qui prenaient en charge son fils Louis, «un enfant presque comme les autres».

 

De plus, en cette année 2012 où l'autisme a été déclaré Grande cause nationale http://www.sante.gouv.fr/l-autisme-grande-cause-nationale-2012.html et où la Haute autorité de Santé a, dans son rapport remis en mars dernier, classé l'ABA dans les «interventions recommandées» http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1224096/autisme-la-has-et-lanesm-recommandent-un-projet-personnalise-dinterventions-pour-chaque-enfant dans la prise en charge des personnes présentant des troubles envahissants du développement, c'est très souvent vers ce centre que les médias se tournent pour illustrer la prise en charge des enfants par les méthodes comportementales ou éducatives, comme le fait par exemple Sciences et avenir dans son numéro avril 2012 ( http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20120329.OBS4941/autisme-un-scandale-francais.html ) .

 

Le centre Camus a été créé par Vinca Rivière, maître de conférences à l'université de Lille 3, qui se targue d'avoir fait entrer en France cette méthode comportementale. Emanation de l'association Pas-à-Pas qui en assure la gestion et dont Vinca Rivière est la trésorière, ce centre est fortement soutenu par Xavier Bertrand, ministre du travail, de l'emploi et de la santé, ainsi qu'en témoigne une lettre de juin 2011 ( http://www.mediapart.fr/files/lettre_XB_Bequet.PDF )

Enfin, le centre Camus accueille aujourd'hui vingt enfants et attend, pour fin mai ou début juin 2012, l'autorisation de poursuivre ses activités sous le statut d'établissement expérimental sous lequel il fonctionne aujourd'hui.

C'est dans ce contexte qu'est arrivée la plainte de ce parent.

 

5 000 euros de formation

Fernando Ramos a deux filles : l'une née en mai 2003 et l'autre en mai 2004. Dès 2006, de l'Auvergne où il vit, cet ouvrier se paie une formation à la méthode ABA avec des psychologues dépêchées par l'association Pas-à-Pas. Un enseignement qui lui a coûté quelque 5 000 euros, auxquels s'ajoutent environ 600 euros par mois pour les supervisions des psychologues, sans compter les frais de déplacement. En 2007, apprenant que cette association allait créer le centre Camus, ce père divorcé déménage dans le Nord, habité par «l'espoir dans cette prise en charge qui promettait la rémission et un accès à une vie normale pour mes filles et toute la famille».


Au début, la plus jeune des filles est contente d'aller au centre et à l'école, au point d'ailleurs que le temps scolaire est augmenté afin de permettre «le développement des interactions sociales». Mais quelque vingt mois plus tard, tout se dégrade. Le père constate«une régression» de sa fille cadette : «Elle ne voulait plus aller au centre ; elle a eu une poussée gigantesque d’eczéma ; elle était redevenue incontinente et se faisait dessus jusqu'à dix fois par jour…» Elle, que des vidéos montrent à l'arrivée dans ce centre calme et gentille, était devenue agressive : «Elle jetait les objets pendant les séances, elle commençait aussi à taper les intervenants», raconte-t-il. Fin 2010 et début 2011, ce père alerte alors la direction du centre en estimant qu'il y avait un problème de prise en charge.


Ainsi écrit-il dans sa lettre : « La mère de mes filles de passage dans le Nord pendant les vacances d’avril est repartie en pleurant lorsqu’elle a vu la psychologue assise sur Alicia pendant 45min dans les toilettes pour ne plus qu’elle bouge.» Pour que l'enfant ne jette plus d'objet, une procédure dite «de blocage» était employée, consistant à lui serrer les bras le long du corps : «Tous les soirs je récupérai ma fille avec de très nombreux bleus sur les bras et poignets », poursuit-il dans sa plainte.

 

De même, il raconte que sa fille a été pendant deux mois régulièrement consignée, dans un coin d'une pièce murée par un matelas afin qu'elle ne se cogne pas, et dans le noir absolu, selon la procédure dite du “time out”.
Les punitions, Fernando Ramos ne les conteste pas. Cela, dit-il, «fait partie de la méthode», même s'«il faut mettre le moins souvent possible l'enfant en échec».


L'ABA consiste en un programme de techniques de modification du comportement et de développement de compétences. Toute «réponse correcte est renforcée positivement c’est-à-dire suivie immédiatement par quelque chose de plaisant pour l’enfant (jouet, bravo…)». En revanche, les comportements inappropriés «sont explicitement non renforcés et on procède à l’extinction : le comportement inadéquat est ignoré de façon systématique. Il va alors s’éteindre de lui-même puisqu’il n’est jamais renforcé ni socialement, ni d’aucune façon», est-il expliqué sur ce site de promotion de la méthode.


Pourtant, Vinca Rivière ne les conteste pas non plus : rencontrée dans le centre de Villeneuve-d'Ascq le 27 mars dernier, elle explique que «le time out, c'est une procédure de punition» se reprenant immédiatement en précisant que «littéralement, c'est une “mise au calme”». Exemple : «Si un enfant a des troubles du comportement associé à des stimulations sensorielles, comme par exemple la lumière, on va faire en sorte que ces stimulations-là ne l'atteignent pas. On va alors réduire la lumière.» Plus concrètement ? Elle précise qu'ici, faute de salle particulière, «on occulte la fenêtre». «Il y a des institutions qui mettent un chapeau sur la tête pour occulter la lumière», poursuit-elle, voire une cagoule sur la tête de l'enfant.

 

« Punition par choc électrique »

Pour bien faire comprendre la méthode ABA, elle prend un autre exemple : «En analyse du comportement, il y a des procédures de punition par choc électrique. Tout le monde trouve ça scandaleux, mais c'est accepté par le gouvernement hollandais sous certaines procédures pour des troubles sévères et en derniers recours. Ce qu'on appelle “choc électrique”, on le présente en formation en faisant sucer une pile de 9 volts : ça picote la langue. Mais ça suffit à changer un comportement, je l'ai vu en Hollande, et l'efficacité en est démontrée depuis les années 50. La personne au comportement inapproprié (là, explique-t-elle, une femme qui se tapait violemment le menton) porte en permanence à la taille une ceinture reliée à un émetteur placé sur sa cuisse.» A distance, «l'éducateur actionne le dispositif grâce à sa télécommande dès qu'elle émet le comportement. Ça produit effectivement un choc. Mais l'important est de voir que cette personne, qui ne pouvait plus rien faire, a diminué son comportement et a pu faire autre chose. On a des cas d'adulte qui ont acquis davantage d'autonomie avec ça. Cette punition-là, elle est efficace si le comportement diminue rapidement, sinon, ce n'est pas une bonne punition. Donc si ça ne diminue pas, on arrête, on va pas mettre du 80 volts ! Mais en France, dès qu'on parle de ça, on pense à Vol au-dessus d'un nid de coucou...», le film de Milos Forman.

 

Les inspecteurs mandatés par l'Agence régionale de santé du Nord-Pas-de-Calais n'ont pas recueilli ce type d'explication. Ils ont simplement examiné les faits relatés par la plainte de Fernando Ramos. Toutefois, leur enquête auprès du personnel confirme que « les hématomes (constatés sur les bras de la fillette) sont consécutifs aux blocages exercés par l'éducateur» et que des temps de time-out, solution pourtant dite « extrême », ont bien été mis en place.

 

Ils constatent aussi que le père de l'enfant n'a pas signé le programme “diminuer les comportements inadaptés” et que rien ne précise dans les comptes-rendus de réunion dans quelles conditions s'est effectué le time out. Enfin, ils notent que la pratique a continué même après que le père, qui nous raconte en avoir appris l'existence par une éducatrice, en a demandé l'arrêt. «Tous ces manquements sont constitutifs de facteurs de risque de maltraitance», concluent les inspecteurs.

(on trouvera à l'adresse http://www.mediapart.fr/files/media_28693/ConclusionIGRCamus.jpg La conclusion du rapport des inspecteurs de l'IGR)

 

A l'évocation d'une plainte d'un parent, Vinca Rivière balaie les accusations : «Des parents en colère, je peux vous dire que, malheureusement, c'est courant... On voit bien la douleur des parents. Mais quand on dit que l'on a 50 % de résultats, on répète qu'on ne fait pas du 100 %. Maintenant, il y a aussi les problèmes sociaux, les parents qui divorcent... Ça a aussi des conséquences, mais comment aider ? On n'a pas forcément les moyens. Mais nos intervenants, ils sont tout le temps supervisés, ils savent utiliser la punition.»

L'encadrement, la formation. C'est pourtant là aussi que le bât blesse.

Un fonctionnement en vase clos

 

Lors d'une réunion des délégués du personnel, en avril 2011, les éducateurs et les intervenants font part de « leur impression d'être délaissés » et «l'ensemble des salariés constate qu'il y a un manque de supervision ».

Selon les conclusions de l'inspection, « les éducateurs et intervenants nouvellement embauchés bénéficient de deux jours de formation théorique » puis de trois jours d'observation, suivis trois à quatre semaines plus tard d'une formation de deux jours. Sur le papier. Car dans les faits, cette seconde formation « n'a pas été instaurée ».

En outre, certains parents se plaignent, en conseil de la vie sociale, qu'un turn-over important perturbe la prise en charge. En effet, depuis l'ouverture du centre, presque la moitié du personnel intervenant auprès des enfants a démissionné et « les arrêts maladie sont journaliers», constatent les inspecteurs au vu des registres de 2010 et 2011. Vinca Rivière rétorque que «dans les structures expérimentales, le turn-over est toujours important. Car l'exigence n'est pas la même que dans les autres structures. (...) Ici, pour assurer la supervision, on demande à chacun de se filmer. Chaque enfant a un caméscope avec lui, et les éducateurs doivent se filmer pour évaluer leur travail et son efficacité sur l'enfant. Alors certes, quand on met une caméra, au début ça fait drôle, mais c'est pour vérifier que les procédures sont bien utilisées.»

 

Les parents se plaignent aussi de ne pas être informés que des stagiaires interviennent auprès de leurs enfants. Fernando Ramos lui a compté dix-sept intervenants en un an auprès de sa fille. «Ceci est ce qui ressortait des plannings, mais ceux-ci n’étant pas fiables, elle en a eu beaucoup plus, écrit-il dans sa plainte. Sans compter les stagiaires qui venaient sans l’accord des parents faire des expérimentations sur les enfants, sans aucun contrôle de la direction, les parents n’ont jamais les résultats de tout ça, nos enfants servent de cobayes.»

 

Assurant proposer pour chaque enfant, à raison d'au moins 30 heures par semaine, la présence constante « d'un, deux, trois, voire quatre adultes dans un cas très difficile », ce centre a naturellement besoin de beaucoup de personnel. Alors durant toute l'année scolaire, des stagiaires en Master 2 “Psychologie spécialité analyse expérimentale appliquée au comportement” de l'université de Lille 3 «assurent des missions d'intervention auprès des enfants et des tâches propres au psychologue», notent les inspecteurs.

 

Car ce centre entretient des liens très étroits avec l'université de Lille 3 : dans cette université, Vinca Rivière est responsable d'une part du master “Analyse expérimentale et appliquée du comportement” et d'autre part du diplôme universitaire (DU) “Analyse du comportement appliqué aux troubles du développement et du comportement”. Elle espère de plus obtenir le 6 avril prochain, à l'issue d'un conseil d'administration de l'université, l'ouverture d'une licence professionnelle. «C'est le ministre de l'enseignement supérieur qui l'a demandée», précise-t-elle, reconnaissant que «ce n'est pas la voie normale» pour obtenir la création d'une licence pro, et que le ministère, s'il peut tout à fait suggérer la création d'un diplôme, est dans ce cas passé outre les réserves d'universitaires locaux.

 

Au moment de l'inspection de l'ARS, tous les psychologues travaillant au centre Camus étaient titulaires du Master 2 et avaient réalisé leurs stages au sein de l'association Pas-à-Pas, et notamment au centre Camus. C'est le cas du directeur adjoint, Olivier Cartigny, beau-fils de Vinca Rivière, nommé à ce poste en janvier 2010 après avoir travaillé au centre Camus comme intervenant durant ses études.

 

De plus, la majorité des crédits de la formation des éducateurs et intervenants du centre est utilisée pour l'inscription au DU. Enfin, pour ce qui est de la supervision des professionnels du centre Camus, elle est assurée par l'université de Lille 3 en la personne de la trésorière de l'association Pas-à-Pas, Vinca Rivière. Bref, un système en vase clos qui fait dire aux inspecteurs que «les professionnels ne disposent pas d'un recours externe pour exprimer les difficultés rencontrées dans l'exercice de leur fonction » et qu'il est nécessaire d'organiser une supervision externe afin que chacun puisse s'exprimer librement, « hors du cadre hiérarchique ».

 

80 000 euros par enfant et par an

Mais l'ouverture n'est pas le fort de cette structure. Ici, aucune pluridisciplinarité dans la prise en charge des enfants, contrairement aux recommandations de la Haute autorité de santé. Pas de partenariat non plus avec des structures extérieures, alors que comme le rappelait déjà une première rencontre avec les agents de l'ARS en début 2011, la loi oblige les structures expérimentales à passer des conventions avec d'autres professionnels de santé.

 

Mais devant le souhait de parents de voir intervenir kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute, et autres enseignants de français ou mathématiques, Vinca Rivière rétorque qu'«ici, c'est l'ABA et rien d'autre». Et tant pis si la Haute autorité de santé recommande aux parents d'être «vigilants vis-à-vis des méthodes exigeant une exclusivité de traitement».

 

En cette fin mars 2012, à Villeneuve-d'Ascq, elle s'en explique : «Il y a les parents qui veulent faire ça, ça et ça... mais ce n'est pas possible, ce n'est pas dans le protocole scientifique et ça peut avoir des conséquences sur la mise en place du traitement. On ne fera pas entrer dans le centre des professionnels qui n'ont pas de connaissance en analyse du comportement.» Si elle reconnaît, qu'à l'étranger, les centres accueillent, par exemple, des orthophonistes, elle précise que « nous, en France, on ne les prend pas parce qu'ils n'ont pas la même approche scientifique que nous. On veut que les orthophonistes partent dans notre formation à l'université. La base, c'est notre formation.»

 

A regarder l'organigramme, le centre Camus a pourtant bien un médecin : c'est la sœur de Vinca Rivière, qui y officie trois heures par semaine et s'assure que « les vaccins sont bien à jour», que l'enfant dort bien, grandit bien..., «un suivi somatique tel qu'on peut le faire pour n'importe quel enfant».

 

Pourtant le centre, dont les locaux sont gracieusement mis à disposition par la ville de Villeneuve-d'Ascq, est financièrement très bien doté. Ici, le budget de fonctionnement alloué par le ministère de la santé s'élève à plus de 80 000 euros par enfant et par an. A titre de comparaison, non loin de là, un Itep (Institut thérapeutique éducatif et pédagogique) accueillant 35 enfants majoritairement autistes fonctionne lui avec quelque 45 000 euros par enfant et par an.

 

«Notre prix, c'est le prix de l'efficacité», rétorque Vinca Rivière, qui assure qu'avec sa méthode «50 % des enfants qui seront pris avant l'âge de 4 ans n'auront plus besoin de suivi au bout de 2 ou 3 ans». L'an passé, au centre de Villeneuve-d'Ascq, on ne comptait que quatre enfants dans le groupe des 3-6 ans, et aucun dans le groupe de 0-3 ans. De plus, en vertu d'une procédure «dérogatoire» exceptionnelle, l'admission des enfants se fait sur dossier sélectionné par le centre lui-même, la Maison départementale des personnes handicapées ne pouvant s'opposer à ses choix. Enfin, «le gros souci pour pouvoir voir l'efficacité» selon Vinca Rivière, c'est qu'il faut connaître «les techniques d'observation du traitement comportemental». Autrement dit, à ses yeux, seuls les professionnels formés à sa méthode sont aptes à juger de ses résultats.

 

Pas de chance pour la fille de Fernando Ramos. Elle avait 21 mois quand elle rencontra pour la première fois les psychologues de l'association Pas-à-Pas. Aujourd'hui, estime son papa, «elle est dans une impasse» : retourné vivre en Auvergne, il n'a jamais eu connaissance du devenir de sa lettre. Et n'a pas non plus trouvé de structure qui lui convienne pour accueillir sa fille. Il veille donc seul à ses apprentissages et à la modification de son comportement.

Et l'agence régionale de santé confirme que l'autorisation du centre Camus sera renouvelée.

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Sensibilisation à la Dynamique de groupe 03/10 Marquise (62)

23 Avril 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #infos

Sensibilisation à la Dynamique de groupe

Nous naissons, grandissons et vivons au sein de groupes, personnels et professionnels, qui nous sont si familiers que nous avons cessé de les percevoir, d’y penser, d’y réfléchir. Ce n’est qu’exceptionnellement que les groupes nous « parlent » : foules, fêtes et commémorations, réunions et colloques, etc. Ils nous portent ou nous pèsent, nous aident ou nous contraignent.

Nous sommes formés à écouter la personne, le Sujet. Peut-on écouter un groupe comme on écoute une personne ?

Le travail thérapeutique en groupe, ou en famille ou couple nous apprend qu’il est possible ou même indispensable d’être à l’écoute du groupe.

La conduite des groupes touche de nombreux secteurs : éducation, soins, sportif, travail.

Se sensibiliser à cette écoute passe par l’expérience directe c’est ce à quoi nous vous invitons. Nous vous proposons de faire l’expérience de la dynamique de groupe.. Cette découverte du groupe se fera sans psychodrame.

Le groupe de sensibilisation peut constituer une expérience en soi, éventuellement renouvelable, ou être le préalable à une formation de longue durée

.Public : Professionnels de la santé (psychologues, psychiatres, psychothérapeutes, infirmiers, orthophonistes, psychomotriciens…), du champ médico-social (éducateurs, assistants sociaux…), enseignants, étudiants ou autres professionnels des champs institutionnel et social exerçant l'animation des groupes.

 

Prochaine journée,

Le 06 Octobre 2012.

 

Inscription obligatoire, places limitées 8 personnes maximum par groupe, constitué selon les psychodramatistes et les liens que les participants pourraient avoir entre eux.

Intervenants Laurent Rompteaux et Damien Queval

Lieu : Marquise (62)

Tarif :150 euros en formation professionnelle, 70 euros en formation  individuelle, 45 euros pour étudiants. N°agrément formation pro en cours

Chèque à l’ordre de l’Association Echoterra

Inscriptions : chèque à envoyer  avec le bulletin d’inscription ci-dessous à Trésorerie Echoterra 7 rue de la MARNE 62231 SANGATTE

Bulletin d’inscription :   Sensibilisation Dynamique de groupe

Nom :                                                                           Prénom :

Adresse :

Téléphone :                                                               Profession :

Adresse mail :Nous vous recontacterons pour préciser le déroulement de la journée

L’association se donne le droit d’annuler cette journée si le nombre d’inscrits est insuffisant et opérera au remboursement des inscriptions. Quand annulation des inscriptions par les participants, le remboursement se fera intégralement moins les frais de port si l’annulation a lieu 3 semaines avant le début du groupe ; si plus tard le remboursement sera de 50%.

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La Borde à la Catho Lille 20/04

13 Avril 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #infos

Chers amis

 

Quatre membres de la clinique de la Borde nous font le plaisir de venir témoigner de leur expérience au quotidien le vendredi 20 avril de 14h à 17h à la catho (60 bd Vauban, Lille) salle rené théry (rdc). C’est là un événement auquel nous vous invitons. Dans ce contemporain où la folie est réduite à des petites cases à remplir à propos de ceux à qui on prétend qu’il en manque une, cela peut être l’occasion d’échanger autour de la pratique clinique de chacun, où qu’il soit.

Il est juste demandé une participation d’1 euro pour couvrir les frais de déplacement des intervenants (à verser à l’entrée de l’amphi le jour même). Pas d’inscription préalable, juste une présence. C’est mieux…

Merci de passer l’information à qui vous jugez bon qu’il soit dans le savoir que cela sera.

A bientôt, j’espère…

 

Dominique Reniers

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Sensibilisation au psychodrame 23/06 à Marquise (62)

5 Avril 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #infos

Nous naissons, grandissons et vivons au sein de groupes, personnels et professionnels, qui nous sont si familiers que nous avons cessé de les percevoir, d’y penser, d’y réfléchir. Ce n’est qu’exceptionnellement que les groupes nous « parlent » : foules, fêtes et commémorations, réunions et colloques, etc. Ils nous portent ou nous pèsent, nous aident ou nous contraignent.

Nous sommes formés à écouter la personne, le Sujet. Peut-on écouter un groupe comme on écoute une personne ?

Le travail thérapeutique en groupe, ou en famille ou couple nous apprend qu’il est possible ou même indispensable d’être à l’écoute du groupe.

Se sensibiliser à cette écoute passe par l’expérience directe c’est ce à quoi nous vous invitons. Nous vous proposons de faire l’expérience du psychodrame.

Le psychodrame est une mise en scène, en action, par le jeu de situations qui posent questions. Cette découverte du groupe par le psychodrame est aussi celle de l’inconscient dans ses expressions intra et inter-subjectives.

Le groupe de sensibilisation peut constituer une expérience en soi, éventuellement renouvelable, ou être le préalable à une formation de longue durée .

Public : Professionnels de la santé (psychologues, psychiatres, psychothérapeutes, infirmiers, orthophonistes, psychomotriciens…), du champ médico-social (éducateurs, assistants sociaux…), enseignants, étudiants ou autres professionnels des champs institutionnel et social exerçant l'animation des groupes.

 

 

Prochaine journée,

Le 23 Juin 2012.

 

Inscription obligatoire, places limitées 8 personnes maximum par groupe, constitué selon les psychodramatistes et les liens que les participants pourraient avoir entre eux.

Tarif :150 euros en formation professionnelle, 70 euros en formation  individuelle, 45 euros pour étudiants.

Chèque à l’ordre de l’Association Echoterra

Inscriptions : chèque à envoyer  avec le bulletin d’inscription ci-dessous à Trésorerie Echoterra 7 rue de la MARNE 62231 SANGATTE

 

Bulletin d’inscription :   Sensibilisation Psychodrame

Nom :                                                                           Prénom :

Adresse :

Téléphone :                                                               Profession :

Adresse mail :Nous vous recontacterons pour préciser le déroulement de la journée

L’association se donne le droit d’annuler cette journée si le nombre d’inscrits est insuffisant et opérera au remboursement des inscriptions. Quand annulation des inscriptions par les participants, le remboursement se fera intégralement moins les frais de port si l’annulation a lieu 3 semaines avant le début du groupe ; si plus tard le remboursement sera de 50%.

 La journée se tiendra à Marquise (62)
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Congrès Soins Somatiques en Santé Mentale Juin 2012 Paris

4 Avril 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

10 ème Congrès de l’Association Nationale pour la Promotion des Soins Somatiques en Santé Mentale

Les 19,20 et 21 juin 2012 - l'ANP3SM fêtera ses 10 années d'existence.

Maison Internationale - CIUP - PARIS 14ème

Mardi 19 juin - Mercredi 20 juin matin : Journées de soins somatiques en santé mentale.
"L'approche globale est-elle une nécessité. 10 ans déjà."


Mercredi 20 juin après midi, Jeudi 21 juin
: Journées sur la douleur en santé mentale.
"les progrès et l'Avenir."

 

Infos sur www.anp3sm.com

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"LA PERVERSION SENS DESSUS DESSOUS" Mai 2012

2 Avril 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

Lieu de rendez-vous : Espace St Sulpice
Accès transports en communs : 8 bis rue Jean Bart - 75006 Paris Métro St-Sulpice (ligne 4) ou Rennes (ligne 12)
Date : 12 Mai 2012

 

 

XXII COLLOQUE DU RPH

LA PERVERSION SENS DESSUS DESSOUS

Le samedi 12 MAI 2012 de 9h00 à 16h30

Espace St Sulpice
8 bis rue Jean Bart - 75006 Paris
Métro St-Sulpice (ligne 4) ou Rennes (ligne 12)

 

 Si la névrose et la psychose ont trouvé avec Freud - pour la première - et Lacan - pour la seconde - des interlocuteurs privilégiés, la perversion reste, quant à elle, délaissée. Et pourtant, la perversion est présente, sous forme de trait ou de structure, dans le quotidien de la clinique psychanalytique dès ses débuts.

Au lieu de l’étudier, d’aucuns se gargarisent de ce que le DSM a aboli le mot perversion de ses entrées. Mais sans le mot, la chose réapparaît sous des agrégats tels que perversion narcissique, figures de perversion et autres bricolages rhétoriques des inspirés désespérants.

Lors de la séance du 9 avril 1913 de la Société psychanalytique de Vienne, Freud dit qu’il faut réconcilier les patients avec leur perversion. Dans cette même séance, il rappelle que la tâche de la psychanalyse « n’est pas de rendre les gens normaux, mais de faire d’eux des personnes cohérentes et de résoudre leur conflit. »

La psychanalyse peut être utile au pervers lorsqu’il est malheureux et qu’il se décide à rencontrer un psychanalyste. Quand cela se produit, la psychanalyse peut réconcilier l’être avec sa structure.
Nous vous attendons le 12 mai 2012 pour travailler sur une structure qui cherche pour ne pas trouver ce qu’il y a en dessous.

 

   

 

Pour tous renseignements:

Edith de Amorim : Mobile : 06 82 91 37 91- Tél : 01 47 70 56 02,

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L'enfant-objet —Soirée sur l'adoption Lille 11/04

1 Avril 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

L’Enfant-objet
Les soirées L’Enfant-objet se dérouleront à partir de 21h à L’U.r.i.o.p.s.s., 199/ 201 rue Colbert, immeuble « Douai », 5ème étage à Lille. Participation aux frais : 8 € (tr.5 €). Renseignements : Sylvie Boudailliez, 03 20 70 81 52, sboudailliez@cp.aleph.asso.fr & Jean-Claude Duhamel, 03 21 69 11 08, jcduhamel@aleph.asso.fr

Soirée sur l’adoption le 11 Avril 2012.
Patricia Mowbray auteur/présidente de l'association « Racines d'Enfance » : « L'adoption source de diversité ». Martine Vers, psychologue : « La quête d’un enfant différent : questions »

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