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SEXE, GENRE ET ADDICTION

25 Septembre 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #livres

SEXE, GENRE ET ADDICTION

 Christian Colbeaux

Sous la direction de

ISBN : 978-2-296-99702-8 • septembre 2012 • 124 pages Prix éditeur : 13,5 €

 

 

 

 

"L'addiction a-t-elle un sexe ? Les faits sont têtus, les 3/4 des personnes fréquentant un centre d'addictologie (toxicomanie, alcool) sont de sexe masculin. Les troubles alimentaires, anorexie et boulimie, restent, eux, l'apanage de la gent féminine.

Certaines particularités physiologiques semblent rendre compte d'une inégalité des sexes quant à la consommation des psychotropes. Mais la biologie seule échoue à expliquer ces disparités.

La notion de genre est introduite dans les années 70 : le genre se réfère aux relations entre hommes et femmes basées sur les rôles socialement définis que l'on assigne à l'un ou l'autre sexe. Les "Gender studies" peuvent-elles nous apporter quelques éclaircissements ?

Pour la psychanalyse, l'identité sexuelle se réfère avant tout au symbolique : le signifiant masculin/féminin est au sujet ce que le genre est au social. Avec Lacan, les formules de la sexuation répartissent les hommes et les femmes selon leur position vis-à-vis d'un 3ème terme, le phallus. L'addiction serait-elle une histoire phallique ?

Enfin, il y aurait lieu de rendre compte des spécificités de l'assuétude au féminin : difficulté d'accès aux soins, grossesse, traumatismes sexuels, prostitution…"

 

 

 

 

 

Christian Colbeaux est psychiatre, psychanalyste à Lille, Chef de service du CSAPA du Centre Hospitalier de Douai (Centre de Soins, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie).

 

TABLE DES MatiÈres



Présentation

Christian COLBEAUX, psychiatre, psychanalyste, chef de service du CSAPA du C.H. de Douai

 

Tabagisme et sevrage tabagique : différences homme – femme

Ivan BERLIN, maître de conférences-praticien hospitalier, groupe hospitalier universitaire Pitié Salpêtrière, chercheur à l'INSERM U894

 

Le sexe, une addiction au genre ?

Nathalie RUBEL, docteure en philosophie, professeur, lycée Corot, Douai

 

Discussion

Thierry DANEL, praticien hospitalier, service d'addictologie, CHRU de Lille, président de ECLAT-GRAA

 

Changement de rôle et consommation de psychotropes : les usagères de drogues face au travail du genre

Anne COPPEL, sociologue, présidente d'honneur de l'association française de réduction des risques

 

Discussion

Olivier COTTENCIN, professeur, faculté de médecine Lille 2, chef du service d'addictologie, CHRU Lille

 

Addictions et perspective genre : de la recherche à la mise en place d'outils concrets. L'exemple suisse.

Viviane PRATS, sociologue, présidente du GREA, professeure, haute école de travail social et de la santé, Lausanne

 

Discussion

Olivier COTTENCIN

 

Réflexions d'un psychanalyste sur la question des genres et de la différence sexuelle

Olivier DOUVILLE, ethnologue, psychanalyste, maître de conférences, Paris 7

 

L'alcoolisme comme échec de des fonctions symboliques qui régissent la reproduction sexuée

Gérard HADDAD, psychiatre, psychanalyste, Paris

 

Discussion

Didier FREMAUX, praticien hospitalier, association "Le Mail", Amiens



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BON DE COMMANDE

A retourner à L’HARMATTAN, 7 rue de l’Ecole Polytechnique 75005 Paris

Veuillez me faire parvenir ....... exemplaire(s) du livre

SEXE, GENRE ET ADDICTION

au prix unitaire de 13,50 3 de frais de port, + 0,80 de frais de port par ouvrage supplémentaire, soit un total de ......... .

NOM :

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Ci-joint un chèque de ............ .

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- par virement en euros sur notre CCP 20041 00001 2362544 N 020 11 Paris

- par carte bancaire Visa N°................................ date d’expiration...../...../...../ et le numéro CVx2 (les 3 derniers chiffres au dos de votre carte, à gauche de votre signature) :…………………………..

 

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L'écrivain et psychanalyste belge Henry Bauchau est décédé

23 Septembre 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #infos

  L'écrivain, poète et auteur dramatique belge d'expression française Henry Bauchau est mort dans la nuit de jeudi à vendredi dans son sommeil à l'âge de 99 ans, a annoncé son éditeur Actes Sud. 

 

 

L'écrivain, poète et dramaturge belge d'expression française Henry Bauchau, marqué par la psychanalyse, est dans la nuit de jeudi à vendredi dans son sommeil à l'âge de 99 ans, a annoncé son éditeur Actes Sud.
Son roman "Le Boulevard périphérique" avait été couronné en par le Prix du livre Inter en 2008.
Né à Malines, en Belgique, le 22 janvier 1913, Henry Bauchau était venu tardivement à l'écriture et s'était essayé à tous les genres, mêlant la mythologie à l'histoire, l'imaginaire au réel le plus intime.

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a rendu hommage au "poète, dramaturge, romancier mais aussi psychanalyste, (qui) aura durant toute sa vie (...) cherché à éclairer le mystère de l'être en sollicitant toutes les puissances du verbe".
"De même qu'il y a une psychologie des profondeurs, Henry Bauchau pratiquait une écriture des profondeurs, écoutant et réécoutant ce que les mots, les rêves et les grands mythes de la culture européenne ont à nous dire", a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Après une enfance marquée par la guerre de 1914 et l' de Louvain, puis une adolescence assez solitaire, Henry Bauchau entreprend des études de droit et devient en 1936 avocat au barreau de Bruxelles. Maquisard dans les Ardennes pendant la Seconde Guerre mondiale, il est blessé le jour de l'arrivée des Américains. De 1945 à 1951, il travaille dans l'édition et s'établit à Paris en 1946.
Là, il entame une psychanalyse avec Blanche Reverchon-Jouve au cours de laquelle il découvre sa vocation d'écrivain. En 1950, il parachève ses premiers poèmes qui, rassemblés, formeront son premier livre, "Géologie", édité en 1958 dans la collection "Métamorphose" de Jean Paulhan.
Psychothérapeute
Avec sa famille, il s'installe à Gstaad, en Suisse, où il dirige un établissement d'enseignement privé. Il y écrit sa première pièce de théâtre, "Gengis Khan", mise en scène par Ariane Mnouchkine en 1961 et reprise au Théâtre national de Bruxelles en 1988 par Jean-Claude Drouot.
A partir de 1975, Henry Bauchau travaille à Paris comme psychothérapeute dans un hôpital pour adolescents en difficulté. Chargé de cours à l'université de Paris VII, il rend compte des rapports de l'art et de la psychanalyse à travers son expérience personnelle.
En 1981, il publie "La sourde oreille ou le rêve de Freud", oeuvre poétique directement inspirée de la psychanalyse, et s'intéresse de près au mythe d'Oedipe, sur lequel il base ses romans "Oedipe sur la route" (1990) et "Antigone" (1997).
Membre de l'Académie royale de littérature de la Communauté française de Belgique depuis 1990, il a reçu le Prix international Union latine de littératures romanes en 2002.
Ses ouvrages sont aujourd'hui, pour la plupart, disponibles chez Actes Sud et traduits dans toute l'Europe, aux Etats-Unis, au Mexique, en Chine, au Japon.
Dernières parutions: "Poésie complète" (2009), "Les années difficiles, journal 1972-1983" (2009), "Déluge, roman" (2010), "Dialogue avec les montagnes, journal du Régiment noir, 1968-1971" (mars 2011), "Tentatives de louange" (novembre, 2011), "L'Enfant rieur" (novembre, 2011), "Temps du rêve" (mars 2012).
En octobre paraîtra son ouvrage sur Blanche Reverchon et Pierre Jean Jouve, intitulé "Pierre et Blanche".
La Maison de la Poésie à Paris et le Printemps des poètes lui rendront hommage le 29 septembre à Paris.
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Le Groupe face au malaise contemporain 13 octobre 2012

17 Septembre 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

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Colloque en hommage à André GREEN 17/11

15 Septembre 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

André Green fut l’un des penseurs majeurs de la psychanalyse contemporaine. L’ampleur des champs qu’il a abordés et étudiés du point de vue de la pensée psychanalytique témoigne de son envergure. Ses travaux sont respectés par tous les milieux intellectuels et de la culture.

Ses avancées sur les états-limites font référence. De nombreuses notions qu’il a introduites ont prouvé leur valeur heuristique et nous sont devenues familières. Ainsi, le « complexe de la mère morte », la désobjectalisation, les processus tertiaires, la tiercéïté, les narcissismes de vie et de mort, ses travaux sur l’affect, la représentation, le langage, les forces de destructivité, le « mal », le rôle de l’objet et de la pulsion, l’importance de la sexualité au sein du psychisme ; mais aussi, l’introduction du « négatif » en psychanalyse et dans les autres champs culturels, son approche originale de la fonction maternelle et de la structure encadrante, matrice de la pensée, en lien à l’hallucination négative de la mère.

Afin de rendre pleinement hommage à la complexité de sa pensée, rappelons que c’est lui-même, homme du langage, psychanalyste de la parole, qui nous rappelait que quand l’affect se présente en son fond de douleur, les mots viennent à manquer.

Intervenants : Marilia Aisenstein, Sàra Botella, César Botella, Simon Bouquet, Bernard Chervet, Christian Delourmel, Gilbert Diatkine, Roger-Pol Droit, Clàudio Eizirik, Patrick Guyomard, John E. Jackson, Otto Kernberg, Gregorio Kohon, Julia Kristeva, Michel Ody.

 

Colloque sous la présidence de Bernard Chervet, Président de la SPP.

Inscription :
Inscription : 100 €
Formation permanente : 230 €
Analystes en formation des instituts de psychanalyse de la SPP, APF, SPRF : 60 €
Étudiants : 30 €
Pour toute information complémentaire, merci de contacter la SPP – Colloque – 187, rue Saint-Jacques – 75005 Paris
Mail : scientifique@spp.asso.fr • Tél : 01 43 29 66 70

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Sensibilisation à la Dynamique de groupe 06/10 Marquise (62)

13 Septembre 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #infos

Nous naissons, grandissons et vivons au sein de groupes, personnels et professionnels, qui nous sont si familiers que nous avons cessé de les percevoir, d’y penser, d’y réfléchir. Ce n’est qu’exceptionnellement que les groupes nous « parlent » : foules, fêtes et commémorations, réunions et colloques, etc. Ils nous portent ou nous pèsent, nous aident ou nous contraignent.

Nous sommes formés à écouter la personne, le Sujet. Peut-on écouter un groupe comme on écoute une personne ?

Le travail thérapeutique en groupe, ou en famille ou couple nous apprend qu’il est possible ou même indispensable d’être à l’écoute du groupe.

La conduite des groupes touche de nombreux secteurs : éducation, soins, sportif, travail.

Se sensibiliser à cette écoute passe par l’expérience directe c’est ce à quoi nous vous invitons. Nous vous proposons de faire l’expérience de la dynamique de groupe.. Cette découverte du groupe se fera sans psychodrame.

Le groupe de sensibilisation peut constituer une expérience en soi, éventuellement renouvelable, ou être le préalable à une formation de longue durée

.Public : Professionnels de la santé (psychologues, psychiatres, psychothérapeutes, infirmiers, orthophonistes, psychomotriciens…), du champ médico-social (éducateurs, assistants sociaux…), enseignants, étudiants ou autres professionnels des champs institutionnel et social exerçant l'animation des groupes.

Inscription obligatoire, places limitées 10 personnes maximum par groupe,

 Intervenants Laurent Rompteaux et Damien Queval

Lieu : Marquise (62)

Tarif :150 euros en formation professionnelle, 70 euros en formation  individuelle, 45 euros pour étudiants. N°agrément formation pro en cours

Chèque à l’ordre de l’Association Echoterra

Inscriptions : chèque à envoyer  avec le bulletin d’inscription ci-dessous à Trésorerie Echoterra 7 rue de la MARNE 62231 SANGATTE

Bulletin d’inscription :   Sensibilisation Dynamique de groupe

Nom :                                                                           Prénom :

Adresse :

Téléphone :                                                               Profession :

Adresse mail :Nous vous recontacterons pour préciser le déroulement de la journée

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La Masse, le Groupe, la Singularité

11 Septembre 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

La Masse, le Groupe, la Singularité
Pré-argument
Psychanalyse et Anthropologie critique

 
Samedi 24 novembre 2012, de 9 h à 18 h

 
La masse, le groupe et la singularité subjective sont à penser dans leurs complexités, aussi bien dans leur définition que dans leurs relations. Concevoir ces notions dans un contexte psychosociologique et clinique analytique actuel éclairent autrement les relations entre le transsubjectif, l’intersubjectif et l’intrapsychique. L’indifférenciation, à l’origine de la masse, est-elle un élément qui permet l’émergence intriquée de la pulsion de vie et de la pulsion de mort ?
Le XXe siècle est apparu, selon S. Moscovici, comme celui de la puissance des masses. En effet, masses et groupes ont vécu sous l’emprise des émotions fortes, des mouvements affectifs extrêmes. Les masses livrées à elles-mêmes sont-elles le mauvais génie de l’histoire qui, par leurs forces de destruction, s’opposent à la construction faite par des élites ? N’était-ce pas dans l’avant-guerre, le point de vue de Tchakotine et de Ortega y Gasset ? Et, d’une autre manière, celui, après-guerre, de Gurvitch et de Moscovici ? Néanmoins, avec la fin de ce siècle, les situations historiques, politiques et psychologiques, font que les peuples ont provoqué la chute des tyrans, despotes et dictateurs qui exerçaient un pouvoir sans limite et sans contrôle. Cependant, si cette destitution ouvre à la démocratie, le chaos en constitue un risque.
Les masses contemporaines, précise Jean Baudrillard, ont développé une dimension d’assemblage de particules individuelles, débris et déchets du social mais aussi d’impulsions techno-médiatiques formant une densité grandissante absorbant toutes les énergies. Cependant, la dimension énergétique et l’intelligence technologique ont donné un essor à la masse dans une double potentialité pour chacun : sortir de l’enfermement et libérer un champ d’expression.
La société démocratique est sans cesse aux prises avec des discours de maîtrise. Après la religion et les idéologies, l’économique et ses dérives exigent l’expulsion de soi au profit d’un on normalisé, comptabilisé, désubjectivé, pour un destin de masse jusqu’au retour d’un réel dénié.
Confrontés à ces enjeux, les individus ont à repenser une rupture originaire et à réorganiser leurs rapports à l’Autre, à l’altérité et au social. Ces éléments enracinés dans une matrice présymbolique par la massification des comportements humains, rendent en somme dès l’origine cette massification indispensable au vivre-ensemble.
E. Canetti a analysé la dimension anthropologique et culturelle de la masse, ses phénomènes transgressifs de contact et sa forte constitution affective qui unifient, par absorption, le singulier et le social en rejetant tout ce qui sépare. Ces mouvements d’absorption et de rejet viennent saisir le sujet humain, l’être-au-monde dans son origine, sans qu’il puisse s’approprier de façon adéquate ce qui organise son être humain. Ainsi apparaissent des souffrances individuelles qui, au-delà de l’homme isolé, révèlent le vécu de la détresse primaire, celui d’une grande précarité, allant pour certains sujet jusqu’à s’auto-éliminer.
Freud se différencie du texte de G. Le Bon La psychologie des foules, « l’âme des foules », par la théorie des pulsions et le mythe de la horde, passage au clan des frères et au père qui instaure les deux interdits : l’inceste et le parricide. Ces interdits font penser le monde et ses significations nécessaires à la formation de la singularité du sujet par les processus d’identification où la psychologie du moi et la psychologie sociale se superposent pour mieux se différencier. Néanmoins, cette différenciation, œuvre de la pulsion de mort, d’où émerge la puissance et la violence du socioculturel, ne rassemble-t-elle pas autour d’un intérêt commun ?

 
Parmi les Intervenants :
F. Benslama, A.-L. Diet, E. Diet, M.-L. Dimon, M. Selz, M. G. Wolkowicz, G. Zimra, …

 
Lieu de la conférence :
ASIEM
6 rue Albert de Lapparent
75007 Paris

 
TARIFS ET MODALITéS D’INSCRIPTION :
50/60 euros

 
20 euros pour les étudiants et les retraités
80 euros pour la Formation professionnelle
entrée libre pour les membres

 
Inscriptions auprès de :
Les places étant limitées, merci de vous inscrire sans tarder auprès de la trésorière :
Christine Gioja Brunerie, trésorière
23 rue Ernest Renan 75015 Paris
Tél. : 01 47 34 82 38

 
retrouvez toutes ces informations en téléchargeant :
LE PROGRAMME DE CES « RENCONTRES-DÉBAT » DU CIPA
LE FORMULAIRE D’INSCRIPTION À IMPRIMER
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CONFÉRENCES THÉMATIQUES DU CIPA 2012/13

7 Septembre 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

FORMATION
CONFÉRENCES THÉMATIQUES DU CIPA 2012/13

 
Trois conférences sous la direction d’Emmanuel Diet
« Destins du transfert et travail du contre-transfert »
Problématiques cliniques de l’hypermodernité (3)
les samedis 13 octobre 2012, 19 janvier 2013 et 6 avril 2013, de 14h à 17h

 
Le CIPA propose pour l’année 2012/2013 dans le cadre de sa Formation une série de trois conférences à destination des psychanalystes, psychiatres et psychologues cliniciens, et plus largement de tous les professionnels de la relation concernés par le devenir des logiques et des configurations de l’inconscient et de la subjectivité dans la culture.
Les sessions de ce cycle théorico-clinique comprendront, lors de chaque rencontre, deux exposés-conférences, une discussion par un tiers et des échanges avec les participants, dans le souci constant de mettre en lien préoccupations cliniques et hypothèses théoriques dans la référence fondatrice au paradigme psychanalytique, au rythme de trois samedis après-midis par année universitaire.

 
Emmanuel Diet, Psychanalyste membre du CIPA, Analyste de groupe et d’institution (Transition),
Chercheur associé du CRPPC de l’Université Lyon 2.

 
Samedi 13 octobre 2012, de 14h à 17h :
Penser le transfert
L’impensé du transfert : l’inconscient, la culture et l’idéologie
par Emmanuel Diet
Lors même qu’elle a dès longtemps dépassé la conception qui réduisait le contre-transfert à un obscène résidu de l’inconscient de l’analyste, la théorisation psychanalytique n’a pas toujours su intégrer dans sa démarche l’interrogation et l’élaboration des liens et représentations, des incorporats culturels et idéologiques activés dans la relation analytique et les dispositifs qui la structurent dans le contexte social-historique. C’est cette part réservée du transfert qui sera questionnée.

 
Les fonctions transformationnelles du transfert
par Bernard Duez
Dans une compréhension trans-formationnelle le transfert appartient à la catégorie de l’originaire. À partir des notions de transfert topique et de scénalité psychique issues d’un travail de curetype et groupale avec des patients états-limites et de tendance antisociale, je me propose de faire travailler aux limites de leur extensivité le concept de transfert et la notion de contretransfert. Il s’agit de restituer au transfert son statut psychique : un processus originaire fondant l’humanité du sujet dans son lien à l’Autre, l’autre et plus d’un autre.

 
Discutant : Michel Brouta

 
Samedi 19 janvier 2013, de 14h à 17h :
L’archaïque et le transfert
Entre délire et interprétation possible : un médiateur thérapeutique
par Marie-Laure Dimon
Nous considérerons les médiations thérapeutiques dans un prolongement de la pratique psychanalytique et de sa théorie, donnant accès à une métapsychologie de l’archaïque. Dans la clinique de la psychose, la médiation/réalité, le dispositif et le thérapeute comme médium malléable favorisent les processus de représentations dans les liens transférentiels. C’est à partir d’un médiateur le jardinage, que nous avons rencontré les patients psychotiques au cours de leur hospitalisation. Le groupe jardin sert de contenant à la vie psychique et fragmentée des patients et à leur construction délirante : nous leur avons proposé une causalité partageable et identifiante.

 
Processus transférentiels dans le groupe thérapeutique
par Anne-Lise Diet
L’axe transféro/contretransférentiel prend une forme spécifique dans le travail d’analyse de groupe. Nous montrerons comment un reste émotionnel non abréagi lié à un secret de famille se révèle dans le travail thérapeutique groupal par un défaut de contenance. L’analyse de cette difficulté révèlera avec précision les contenus non élaborés du secret à l’œuvre.

 
Discutant : Christophe Bittolo

 
Samedi 6 avril 2013, de 14h à 17h :
Transmissions de l’inconscient
Ambiances et mutations des espaces collectifs : l’expérience de l’indéterminé et le contre-transfert.
par Christophe Bittolo
La clinique contemporaine fait apparaître dans l’expérience des professionnels des ambiances qui témoignent autant de l’état des fondations collectives du psychisme que de l’état d’organisation/désorganisation des espaces collectifs. A la croisée de l’intrapsychique et du transsubjectif, en situation individuelle ou en groupe, la spécificité des souffrances dont ces ambiances sont porteuses appelle l’exigence d’un travail psychique particulier : L’indéterminé ou l’informe en est une des composantes essentielles.
Comment ce travail s’articule à la prise en compte du contre-transfert ? En quoi des climats subjectifs ou leur absence rendent-ils compte des aléas de ce travail d’élaboration et de régulation de la sensorialité ambiante ?

 
Transfert du fantôme, fantôme dans le transfert
par Elisabeth Darchis
En TFP, le travail du fantôme et ses pérégrinations font effet de confusion lorsque l’héritage psychique familial resurgit de manière non transformé. Une faille peut s’imposer à l’écoute de l’analyste lors de ce transfert groupal du fantôme. Les retrouvailles avec un matériel ancien non élaboré, avec des traumatismes générationnels encryptés ou des deuils non faits viennent dire la hantise dans les sensations et éprouvés du groupe thérapeutique. Le travail de la cure familiale accompagnera l’élaboration et la transformation des vécus transféro-contre transférentiels.

 
Discutant : Emmanuel Diet

 
Lieu deS conférenceS :
Institut Protestant de Théologie
83 Boulevard Arago
75014 Paris
salle 22
Métro Denfert-Rochereau ou Saint-Jacques

 
TARIFS ET MODALITéS D’INSCRIPTION :
20 euros par conférence
50 euros pour les trois conférences
10 euros par conférence pour les étudiants et les retraités
100 euros pour la Formation professionnelle (le cycle de trois conférences)
entrée libre pour les adhérents

 
Inscriptions auprès de :
Christine Gioja Brunerie, trésorière
23 rue Ernest Renan 75015 Paris
Tél. : 01 47 34 82 38
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D’un Principe d’Innocentation Texte de Roger Dadoun

5 Septembre 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #infos

 Nous venons de recevoir ce texte de son auteur

A lire absolument, les remarques et commentaires sont évidemment les bienvenus.

Merci à lui pour cet envoi

 

                                               D’un Principe d’Innocentation

                                               essai psychanalytique

 

                                                          Affaire Sofitel-Carlton :

                     (DSK) - Assomption de l’Innocence

 

    Roger Dadoun

 

 

 

 

Trop lourd le titre, pour un si court article! C’est qu’il s’agit, justement, de lui donner du lest, pour le charger d’un minimum de gravité, compte tenu du sujet annoncé, attendu graveleux. Voici donc cette modeste chronique d’imagination qui se met à jouer au boeuf, grenouillant de diverses façons pour se hisser en “essai” – qui se promeut, électoralement, du terme fort de “Principe”, que l’on sait capable d’enfler en véritables traités (le principe Espérance de Ernst Bloch, le principe Responsabilité de Hans Jonas). S’affirmant “psychanalytique”, le dit “essai” tente de placer son “principe d’Innocentation” aux côtés des deux grands principes de la pensée freudienne, usés jusqu’à la corde sans jamais se rompre : le principe de Réalité, le principe de Plaisir – vases communicants et deux fois mille plateaux oscillants de la condition humaine, à l’oeuvre depuis l’origine des temps, et insatiable cha-cha-cha dans notre frustrante ou jouissante expérience quotidienne.

 

                            Des Innocentations

 

On aurait pu parler d’“innocentement”, pour désigner la restituation de son innocence  à un sujet marqué au sceau infamant de la culpabilité, qu’elle soit fondée ou hallucinée; mais le terme jouit d’une trop visible et trop râleuse et expéditive connotation juridique (“mille excuses, disent les juges s’en retournant désinvoltes à leur terrain de golf, on s’est trompés, oui – mais tâchez quand même de vous tenir tranquille”!). Au contraire, le mot rare d’“Innocentation” (l’exemple le plus souvent cité se ramène aux “lettres d’innocentation” par lesquelles Louis XIV accorda son pardon au prince de Condé qui avait pris les armes contre le Roi), qui rime opportunément sur notre registre de recherche avec “placentation” (riche de toute la puissance du placenta, tremplin du Naître), présente l’avantage de nous renvoyer au domaine psychologique, aux processus infantiles et au travail de l’inconscient.

Trop préoccupée de chercher les “coupables” (vice d’époque et de culture, obsédées d’incestes et de meurtres du père, sans compter les criminalités massives proliférant en massacres), la psychanalyse n’a guère pris en compte le processus de l’Innocentation. Une rare et toute dernière occurrence nous est offerte par le psychanalyste Albert Ciccone, qui a consacré ses principales recherches au “bébé” et à la culpabilité : analysant, dans sa préface au recueil collectif de Blandine Faoro-Kreit, Les enfants et l’alcoolisme parental * (Erès, 2011), les “fantasmes de transmission” dominés par la honte et la culpabilité dont le sujet  souffrant cherche à se décharger sur “un autre, un parent, un ancêtre”, il précise qu’“un tel fantasme a d’abord une fonction d’innocentation: le sujet n’y est pour rien, puisque la tare /alcoolique/ a été transmise par un autre.”  

La position alcoolique, qui n’a rien de particulier, peut être généralisée, et l’Innocentation s’aligner sans complexe aux côtés des “valeurs” Espérance et Responsabilité et des “principes” de Plaisir et de Réalité. Ces derniers vont de soi. Freud s’est contenté de puiser dans le fond commun de l’humanité, mais en leur donnant des assises libidinales fortes et contrastées et des compétences renouvelées. L’Espérance soutient pour sa part un considérable travail sur le temps, elle manipule les rapports mouvants existant entre passé, présent, futur; “deuxième théologale”, telle que la décrit Péguy dans Le Porche du Mystère de la Deuxième Vertu,  elle épate jusqu’à Dieu lui-même – mais on peut constater à vue d’oeil qu’elle en fait un peu trop, et que c’est tout juste si elle parvient à balayer devant sa porte les miasmes du présent, sans le rendre véritablement supportable. La Responsabilité est cette “patate chaude” au fumet d’autorité hiérarchique que l’on se repasse de main en main, s’en targuant pour mieux l’abandonner entre celles des plus laborieux et vulnérables, mobilisés et assujettis qui en paient cher le prix.

L’Innocentation mène bien au-delà de ces “valeurs” idéologiques et de ces principes tautologiques. Elle s’exerce sur ce socle primordial qu’est l’Innocence, celle que l’on retrouve à l’origine d’innombrables mythes (Jardin d’Eden, innocence adamique, âge d’or, “bonté naturelle” de l’homme), et que l’on peut tenir pour une des “données immédiates de la conscience”, arrimée à l’inconscient – bref : une donnée immédiate de la vie même. Ressort et ressource énergétique  assurant une fonction constante et déterminante dans l’économie psychique, l’Innocentation s’emploie à tenir à distance, sinon toujours en échec, les assauts de la culpabilité - elle est l’eau de jouvence de la personnalité profonde.

Deux indications sommaires signalent son ancrage primaire dans la structure humaine : 1. on dit couramment de quelqu’un de “naïf”, voire de “simple” ou d’“imbécile”, qu’il est “innocent comme l’enfant qui vient de naître”; 2. nul animal, par ailleurs, ne saurait être tenu pour coupable de quoi que ce soit (mis de côté quelques délires culturels). L’innocence témoigne donc pour une continuité biologique-instinctuelle menant de l’animal à l’homme. Elle persiste en dépit de la catastrophe créatrice que constitue l’accès de l’homme à la conscience et à la parole – toutes deux impensables quoique (ou parce que ?) substance et création de la pensée, et sources de culpabilité quoique seules aptes à la défalquer. On peut imaginer que c’est la perception d’une innocence “pure” dans l’être du nouveau-né (s’il faut en croire, entre autres, la légende et le rite de l’enfant Jésus dans la bergerie au milieu des animaux) qui suscite et soutient la tendresse de l’adulte, assurant ainsi la survie de l’enfant et par là même celle de l’humanité.

Animalité et innocence néo-natale s’inscrivent en traces diverses, confuses et fragiles, dans le processus d’Innocentation. Peut-être même contribuent-elles, si l’on ose pareille hypothèse, à limiter à sa racine le traumatisme et l’angoisse d’une catastrophe originaire créatrice de l’humanité – trauma de la naissance de l’homme. (L’image d’une catastrophe originaire se donne à voir, sous divers habillages, dans les visions de Freud, Ferenczi, Reich, et de quelques autres.) Comment enfin, annonçant ici un dossier “utopie”(1), ne pas mettre en lumière l’une des fonctions majeures de l’Innocentation, qui est de relancer et nourrir en permanence le désir d’utopie, et de se retrouver, sous “les habits neufs de l’empereur” d’Andersen (utopie nue!), à la source vive (libidinale, érotique) des constructions utopiques, fondées pour la plupart sur la reconnaissance et l’exaltation d’une innocence originaire et souveraine de l’être humain ? 

 

 

                       Assomption de l’Innocence

 

Les analyses qui précèdent n’ont rien … d’innocent. Elles visent, retombant sur nos plus prosaïques ou animales pattes – moins dure sera la chute! – à nous interroger sur la promesse du titre, et à “essayer” de voir ce qu’il en est d’une Assomption de l’Innocence mise à l’épreuve d’une personnalité toujours “présumée innocente”, (DSK) et mise ici entre parenthèses. Ce texte ne traite donc pas de l’affaire DSK*  - que je préfère nommer, en toute rigueur, “affaire Sofitel-Carlton”, puisqu’en ces deux espaces immobiliers se distribuent “objectivement” tous les mystères. La référence à DSK, et à distance de ce dernier, n’intervient que comme énigme “psychologique” (“comment un “puissant” a-t-il pu en arriver là?”).  Parodiant la conception frauduleuse car toujours bafouée (les médias s’en donnent à coeur joie, impunément) de “présomption d’innocence”, je fais ainsi intervenir la notion d’“Assomption de l’Innocence” -  d’inspiration psychanalytique, peu élaborée à ce jour, l’obsession de la culpabilité et de la pénitence demeurant une référence écrasante de notre culture.

 

                 La présomption d’innocence : un chiffon tagué troué

 

La notion de “présomption d’innocence” occupe un vaste espace juridique, hétéroclite et confus, tagué et troué de toutes parts par les ruses, artifices et distorsions d’une pléthore de protagonistes : témoins, policiers, avocats, magistrats, médias, victimes. Elle est censée s’en tenir aux “faits”, préemptant un principe d’objectivité dont on ne perçoit à vrai dire que des constructions aléatoires, fluctuantes, montées de bric et de broc, bancales. L’affaire Sofitel-Carlton, toujours en cours et qui réserve encore quelques “gracieuses” surprises, en est l’illustration,. Elle n’est rappelée ici, dans une perspective psychanalytique,  qu’en raison de l’implication surprenante et à multiple facettes de la personnalité de DSK. Ecartant la surface chiffonnée et trouble qu’est la “présomption d’innocence”, il paraît légitime et nécessaire de s’interroger sur ce qui a pu fonctionner à la source de  l’acte sexuel – puisque c’est celui-ci qui demeure, inexorablement, la donnée centrale, pratiquement occultée ou rhabillée, de l’affaire. Occultée et évincée,  en dépit ou du fait des débordements exhibitionnistes, exprimés en caricatures graveleuses, puritaines ou coquines, allusions effarouchées ou clins d’oeil complices - alors qu’il conviendrait de s’intéresser à la structure de base des motions pulsionnelles, communément reconnues comme étant au pivot de la construction juridique. On en vient ainsi, parodiant en la redressant l’expression diffuse et galvaudée de “présomption d’innocence”, à mettre en avant le principe d’une “Assomption de l’Innocence” – les deux termes, pris dans leur plus stricte spécificité, servant à désigner des états psychiques racinés profond, impérieux, universels, jouant un rôle déterminant dans la formation et l’orientation, non seulement des comportements individuels, mais des visions du monde elles-mêmes.

 

                                               “Pervers polymorphe”

 

            Juridisme écarté, “Innocence” désigne une certaine qualité du rapport de l’individu à la sexualité, telle notamment qu’on peut en suivre les parcours et manifestations en psychologie de l’enfant. Ce dernier est censé ignorer la réalité sexuelle, il est déclaré immature et incapable de contrôler et encore moins de maîtriser (il est la cible d’une avalanche d’interdits sévères) les motions, gestes, jouissances que suscitent et commandent les différents organes et leurs valences sensibles – nous évoquons là les “zones érogènes”, support des phases de la libido (orale, anale, phallique, etc.), étant entendu que le corps entier  est Corps d’amour, comme l’écrit et le détaille le penseur américain Norman O. Brown*. Pour qualifier l’enfant parcourant toute la gamme des motions libidinales, Freud a utilisé  l’expression, écho sans doute du langage psychiatrique de l’époque, de “pervers polymorphe”. Expression aussi pertinente que désastreuse : la mention “pervers”, idéologique et  trouble, l’a emporté sur l’exacte qualification de “polymorphe”, qui offre un tableau organique et libidinal propre à l’observation, début de toute science, et permettant d’établir avec une suffisante précision que c’est l’ensemble des organes, tissus, fonctions du corps et leurs fantasmes adjacents qui entrent en scène et en jeu et si possible en faveur dans l’acte sexuel.

“Innocent” chez l’enfant, l’adjectif “polymorphe” devient chez l’adulte substance de “perversité”, grevée d’une culpabilité frappant pratiquement toute la gestuelle sexuelle : masturbation, sodomie, fellation, voyeurisme, exhibitionnisme, fétichismes, etc. Or tout (récits, témoignages, observations, analyses et auto-analyses, etc.) donne à penser que ces différentes modalités font, dans toutes les sociétés,  à toutes les époques, sous des modèles, formes et proportions diverses, partie intégrante de la sexualité. De par sa structure organique féconde en productions et arborescences psychologiques (sans parler de la vie même), toute sexualité ne peut être que “polymorphe”. L’acte sexuel le plus élémentaire est un montage, un blason, une armoirie de pièces et motions “perverses”, pour la plupart inscrites à l’encre sympathique (en tous sens du terme).

 

                                       Un processus d’Innocentation

 

            “Perverse” et “polymorphe”, la sexualité – “empire des sens” - l’est impérieusement, tout au long de la vie. Il faut donc faire avec. Soumis non moins impérativement aux contraintes de l’éducation qu’au respect légaliste des normes régissant la société,  on s’efforce, dans la mesure du possible (quelle mesure? quel possible?) d’exercer une certaine maîtrise, à l’aide d’une panoplie d’instruments culturels (“valeurs” aujourd’hui pléthoriques, moralités et tabous) à l’efficacité variable. Pour les uns ça marche, au moins apparemment - pour d’autres, “destinés” à commettre la “faute” et à entrer en “délinquance”, non. Mais il se trouve que, comme tant d’autres “manoeuvres”” infantiles, le processus d’“Innocentation” résiste, persiste. Tout sujet y a recours, plus ou moins inconsciemment, pour lutter contre le sentiment quasi inévitable de culpabilité que mouline kafkaïennement la culture, et pour se dédouaner face à une fatalité contre  laquelle il ne peut rien. Comment,  dès lors, ne pas être en “sympathie  au sens fort (sentir avec, souffrir avec, pactiser) avec sa propre motion pulsionnelle, qui demeure logée au plus profond de soi, sans qu’on puisse rien y faire. (Ainsi  en va-t-il,  au vu d’affaires récentes, de prêtres pédophiles, qu’un irrésistible désir - en dépit des lourds barrages dressés par une pratique religieuse assidue, la pression massive du corps de l’Eglise, la présence en incarnation du corps souffrant du Christ, etc. - contraint à laisser en quelque façon venir à eux les petits enfants (“Sinite parvulos venire ad me”) - et non l’inverse: aller, eux, vers l’enfant, sous couverture inconsciente d’innocence et lustration par les eaux baptismales de l’Innocentation.

Le mouvement pulsionnel est, de force, pris en charge par le sujet – on  est en droit de dire qu’il l’assume. Comme pour toutes les ambivalences sexuelles, le terme d’“assomption” présente l’intérêt de couvrir les deux faces du processus : assumer activement, par un passage à l’acte, le mouvement pulsionnel visant la satisfaction; assumer (à mauvais escient mais à bon inconscient ?) l’“Innocence” valorisée en tant que source “naïve”, “im-pénitente” (soustraite au “péché”) – mais pour la société, à vocation inverse, pécheresse, “morbide”  (dans le film de Fritz Lang,  M (1931), le Meurtrier – l’extraordinaire Peter Lorre – décrit en termes saisissants cette “assomption” devant le tribunal des hors-la-loi).

 

Le pouvoir “innocentise” selon qu’il infantilise

 

            La notion d’“Assomption de l’Innocence”, fondée sur la fonction d’Innocentation de la structure humaine, est de nature à éclairer une certaine forme de comportement manifestée à l’occasion de l’affaire portant le nom de DSK – non pour singulariser ce dernier, comme  s’est ingénié à le clamer le charivari idéologique, moralisateur et mercantile des cohortes d’intervenants (on pourrait en tirer une anthologie de la bassesse et de la bêtise, de la haine et de la honte), mais bien au contraire pour en souligner la banalité: banalité massive d’une “perversité polymorphe” qualifiant une structure anthropologique native, élémentaire, de l’activité sexuelle.  On est amené de la sorte à reprendre l’interrogation psychologique cruciale posée quasi unanimement au tout début de l’affaire : comment une personnalité disposant d’un pouvoir exceptionnel à tous égards - économique (FMI), politique (“DSK président!”), culturel (universitaire), social (renommée, richesse) - a-t-elle pu “ en arriver là”, passer à l’acte avec une telle désinvolture, alors même qu’elle se savait être, en toute lucidité, la cible d’adversaires qui guettaient la moindre faille pour l’abattre ?

Il aurait suffi, estimait-on, d’à peine un grain de contrôle et d’une goutte d’abstinence pour déjouer pièges et coups bas, et,  à l’instar des millions d’êtres humains livrés aux mêmes motions à travers le monde, continuer à vivre “Innocemment” sa “vie privée”. Il est remarquable de constater que, loin d’inciter à la prudence, à la ruse ou au détour, qui sont le lot commun, les pouvoirs  détenus par DSK agirent en sens inverse et fonctionnèrent comme une encre sympathique - révélateurs, à charge,  des deux faces de l’“Assomption de l’Innocence” : d’un côté assumer (avec fatalité ?) ses propres motions pulsionnelles chargées de risque, de l’autre assumer (avec “naïveté”?) un statut interne d’Innocence chargé d’une fonction restauratrice, équilibrante.

Deux lignes de force semblent se dessiner. D’une part le processus d’Innocentation, ressource anthropologique vitale, inhérent à l’humanité,  doit être pris en compte dans tout affect et toute position de culpabilité. D’autre part le pouvoir, qui est ensemble machine à culpabiliser et à infantiliser, se retrouve en permanence devant le dilemme posé par l’Innocentation: il infantilise selon qu’il culpabilise, il “innocentise” selon qu’il infantilise – et c’est l’“innocence” juridique même qui prend un sacré coup.

 

 

* Voir “Le juif Süss est de retour ? Un moment-calque de l’histoire”, in Cultures & Sociétés, n°20, oct.2011.

* Norman O. Brown, Le Corps d’amour,  trad. Roger Dadoun, Les lettres nouvelles, 1967.

* Conférence sur “Utopie, ou l’Inconscience de la Raison. Education, ou l’inconscient des

Raisonnables”, Cemea, Paris, 25 août 2012.

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Groupe et Psychanalyse

4 Septembre 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

Fondée en 1962, la SFPPG organise à Paris un grand congrès du 14 au 17 mars 2013 : 

Groupe et Psychanalyse

avec la participation de la FAPAG et la présence de l’EFPP

 

L’Argument

Les psychothérapies psychanalytiques de groupe forment aujourd’hui une grande diversité de pratiques : groupes de paroles, psychodrames, groupes à médiation, groupes de relaxation, groupes de thérapie familiale psychanalytique, psychothérapies institutionnelles… Elles accueillent différents publics : adolescents, adultes, enfants, parents, bébés ou parents-bébés, familles, couples, personnes ayant une même addiction, hommes violents, ou encore praticiens d’une même profession ou réunis en équipe pluriprofessionnelle, etc. Elles sont le plus souvent proposées en institution. Selon les demandes ou les orientations des structures de soin, la visée thérapeutique n’est pas toujours privilégiée. Toutefois, les effets thérapeutiques du groupe sont avérés y compris en formation, en analyse de pratiques, en supervision ou en régulation d’équipe, etc.

 

Depuis cinquante ans, pratiques et publications cliniques et théoriques sur les groupes sont foisonnantes, en particulier dans le monde européen et latino-américain. Cette fécondité contraste avec la méfiance que le groupe n’a pas cessé d’inspirer ou avec la réticence à penser le groupe comme espace thérapeutique. D’un côté, le recours au groupe augmente — souvent sans préparation suffisante — d’un autre, la vigueur des résistances « au groupe » ne faiblit pas, y compris chez ceux qui, par défaut, le prescrivent. Ces deux mouvements rappellent que le groupe reste un chaînon manquant. Quant à eux, les psychanalystes engagés dans son exploration comme espace transitionnel et thérapeutique ne cessent de revenir sur les cadres et dispositifs groupaux, sur les questions posées par la théorie de la groupalité psychique, sur les propriétés thérapeutiques spécifiques du groupe, ainsi que sur sa tiercéité, comme sur les conditions de sécurité propices à la liberté associative et au changement psychique. Ils revisitent sans cesse les questions éthiques, théoriques, épistémologiques et méthodologiques du soin psychique en groupe. Une interrogation taraude : qu’est-ce que le groupe apporte d’original par rapport à une thérapie individuelle ?

 

La rencontre pluri-subjective est éprouvante. Elle sollicite nos capacités de contenance de l’angoisse, de l’agressivité, de la co-excitation, de l’euphorie aussi bien que de la dépression. D’où, par exemple, le choix de la co-thérapie qui procède souvent d’une volonté de partager et d’alléger “cette épreuve émotionnelle éreintante”. Pour forger l’attention psychanalytique à la groupalité et à chaque participant, aux effets de l’inconscient, la formation du thérapeute de groupe requiert un parcours psychanalytique individuel approfondi par l’expérience du groupe.

 

Nous n’oublions pas que nos recherches résultent des urgences de la vie, du tragique de la condition humaine, que l’invention psychanalytique du groupe s’inscrit dans le mouvement actuel des grandes ruptures de l’après-modernité. Ainsi, la réceptivité aux turbulences de la vie psychique ne peut être dissociée de ce qui, dans le monde contemporain, est mis en crise avec ses périodes de désorganisation sociale et culturelle caractérisées par les défaillances des garants métasociaux et métapsychiques. Des pathologies inédites s’ensuivent pour lesquelles nos théories et méthodes avec l’écoute qu’elles induisent révèlent leurs limites. Pour entendre les expressions énigmatiques des souffrances des sujets que les praticiens accueillent, ils sont poussés à trouver-créer de nouvelles voies pour la transitionalité, le soin psychique ou le travail de culture.

 

C’est pourquoi, après plus de cinq décennies de développement, il est opportun de revenir sur le groupe, les champs où il se déploie, ses médiations, les approches qu’il inspire, dans différents pays, comme sur les formations qu’il requiert pour s’y risquer comme analyste.

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Qu’est-ce qu’apporte l’expérience du groupe ?

2 Septembre 2012 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

Qu’est-ce qu’apporte l’expérience du groupe ?

en thérapie, en formation, en supervision ou en régulation

 

Les jeudis suivants de 18h30 à 20h30 précises 

Lieu : Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Station Nanterre Université par le RER A ou par la gare Saint-Lazare 

 

Ce Cycle de conférences est organisé par la SFPPG en collaboration avec le Centre Didier Anzieu de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense

 

Jeudi 18 octobre :

La valeur de l’absence

dans la psychothérapie analytique de groupe

 

Intervenante : Anastasia TOLIOU, Psychologue clinicienne, études en Grèce et à Paris, analyste de groupe, ASM et analyses des pratiques dans différents établissements, Cabinet libéral.

La littérature psychanalytique souligne la fonction structurante de l’absence pour le développement psychosexuel et l’avènement de l’individuation.

À partir de l’expérience d’un groupe de psychothérapie analytique en CMP, ouverte à des patients états limites, nous interrogeons les différentes formes que l’absence prend : interruption des séances, départ d’un participant, absences consécutives d’un participants sans départ définitif. Dans quelle mesure ces mouvements facilitent ou entravent la pensée du groupe ? Quelles conditions permettent le processus d’élaboration mentale ? Quels effets peut on observer sur les individus ?

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- 5 – Jeudi 15 novembre : Se regarder dans un groupe

Intervenant : Willy FALLA, Psychologue clinicien, docteur en psychologie clinique, chargé de cours à l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense

Animer, selon une référence psychanalytique, un groupe de thérapie, de formation ou dans le cadre d’une intervention en institution, implique d’une part, une aptitude à observer la vie psychique dans les groupes et d’autre part une aptitude à se prendre soi-même pour objet d’observation, au contact de ces phénomènes psychiques groupaux. Dans quelle mesure un dispositif groupal — incluant une place tournante d’observateur — peut-il soutenir le développement de ces deux aptitudes ? A travers l’évocation d’une intervention dans le cadre d’un dispositif d’analyse des pratiques pour rééducateurs de l’Education Nationale, nous verrons comment ce travail sur l’observation vient enrichir la dialectique entre cadre et dispositif.

 

- 6 – jeudi 13 décembre : Les sirènes d’Ulysse et la groupalité

psychique dans les soins palliatifs

Intervenant : Christophe BITTOLO Psychologue, psychanalyste (Montigny le Bretonneux), analyste de groupe et d’institution (Association Transition), enseignant-chercheur associé (Laboratoire LPCP EA 4056, Université Paris Descartes) .

Dans le domaine des soins palliatifs, les missions des équipes mobiles placent les professionnels sur un chemin de crête lourd de menace et de danger : le mourant et sa famille d’un côté, doublé de l’état des services hospitaliers de l’autre situe l’attention portée sur la fin de la vie à l’intérieur tant des mutations institutionnelles que connaît l’hôpital que du débat sur l’euthanasie. C’est dans ce contexte que la pensée d’équipe opère un travail psychique particulier dans lequel l’archaïque et la mélancolie tiennent une place qui sera discutée.

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