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Culture et société

12 Juillet 2013 , Rédigé par laurent rompteaux

Culture et société

SOMMAIRE

ÉDITORIAL « Pendant la guerre, il n’y a pas de névroses... », Thierry Goguel d’Allondans

SI TU T’IMAGINES... « Furor pectoris », Roger Dadoun

ENTRETIEN AVEC... FRANCIS JAUREGUIBERRY

CHRONIQUE « Le recours à la forêt ou au désert », David Le Breton

ÉCHO DU TERRAIN « Bali, les rizières et l’Unesco », Franck Michel

LE DOSSIER DU TRIMESTRE : RÉVOLTES, RESISTANCES – REPARATION !

sous la direction de Roger Dadoun

- « Pour l’établissement de la République socialiste universelle. Manifeste », Roger Dadoun

- « La véritable résistance est celle de la pensée. Cheminer avec Simone Weil », Jean-François Gomez

- « "L’invention de Jésus" atelier de rétroversion-réparation », David Dadoun

- « De la révolte de Cros-Câlin à la révolte de Ludwik Zamenhof : l’Espéranto, langue de résistance », Marielle Giraud

- « La philosophie résiste, la philosophie répare, Giovanni Invitto

- « Wilhelm Reich : vivre, c’est résister », Jacques Lesage de La Haye

- « Émile Masson : un résistant ordinaire », Didier Giraud

- « Habiter. Réparer. Résister », Pascal Dreyer

- « La pensée de la différence sexuelle comme résistance », Marisa Forcina

- « Des Clefs, pour quelle médecine ? », Paul Benaïm, entretien avec Roger Dadoun

- « Silence de résistance », David Le Breton

- « Présentation de Charles Péguy à Notre Dame de Chartres », Roger Dadoun

HORS CHAMPS « Jalousie. Quand tu nous tiens... », Guy Lesoeurs

INITIATIQUES « Si du danger naît le pouvoir. Combinaisons politiques sur l’échiquier des risques », Tobias Girard

[RE]DÉCOUVRIR... « Frank Tannenbaum, la dramatisation du mal et l’"épinglage" du déviant », Lionel Lacaze

LU & VU LE BILLET DE L’ASSOCIATION DES AMIS DE CULTURES & SOCIETES

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Petition

10 Juillet 2013 , Rédigé par laurent rompteaux

Renégocier le 3e plan autisme avec tous les professionnels concernés

Le 3e plan autisme est encore plus dangereux que les précédents.

Il constitue une atteinte à la liberté de choix des parents puisque l'État impose désormais des contenus d'action purement éducatifs en matière de prise en charge des enfants autistes, au mépris de toute prise en charge intégrée (pédagogique, éducative, rééducative et psychothérapeutique).

Il constitue par ailleurs une attaque envers le soin psychique en général, et il représente une menace à l'égard de la pédopsychiatrie elle-même qui risque de se voir réduite, progressivement, à l'application mécanique et monotone de protocoles rigides et dictés par l'État dont ce n'est pas la mission.

Vous pourrez en savoir plus en vous rendant sur le site de Psynem, www.psynem.org ou celui de la Cippa, http://www.cippautisme.org, où vous trouverez notamment la lettre ouverte du Pr. Bernard Golse à la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé Mme Marisol Touraine.


http://www.avaaz.org/fr/petition/Renegocier_le_3e_plan_autisme_avec_tous_les_professionnels_concernes/?tHgBefb

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Suite à l'autisme laissé en plan

9 Juillet 2013 , Rédigé par laurent rompteaux

cher Laurent Rompteaux

la présente lettre vous est adressée, mais je souhaiterais que vous puissiez la diffuser auprès de vos lecteurs.

Vous avez, à très bon escient et encore plus meilleur inconscient (j'entends l'inconscient institutionnel, vers lequel vous nous orientez), cité les propos ministériels concernant l'autisme.

Ce sont là propos redoutables, effrayants, intolérants, discréditants, qui nous ramènent des siècles en arrière tout en prétendant trouver justification dans des pratiques psychiatriques modernistes (idéologies yankistes type Delgado, DSM, etc., mais aussi pavloviennes) qui relèvent d'une volonté frénétique réglée sur les enjeux nommés "comportementalité", "qualité-prix", "culture des résultats", "économie et hiérarchie d'abord", etc.

On y retrouve le fantasme puritain fascisant qui voit la psychanalyse partout - alors qu'elle n'est, réellement, que minoritaire, un minoritaire qui laisse beaucoup à désirer, ce dont s'autorisent les ennemis de Freud et de la "révolution psychanalytique" pour se livrer à des attaques où l'ignare le dispute au féroce (on fraye comme on peut); s'y affirme la volonté typiquement totalitaire d'enfermer les singularités individuelles dans un format unique, répondant aux exigences, exploitations et rentabilisations des détenteurs de pouvoirs; s'y décèle l'idéologie scientiste d'une "sélection des meilleurs" (des plus "forts"), où les dits "meilleurs" ne s'autorisent que d'eux-mêmes, de leurs biens, et des gangs qu'ils constituent et entretiennent ...

Je vous ai adressé il y a peu un texte, intitulé "Furor pectoris", où, posant là les "coronaires encrassées", je parle du "Principe de l'encrassement". J'évoque brièvement les "crasses" (il vaut la peine d'utiliser ce terme populaire) que subit tout individu au cours de son existence, et qui - avançons cette hypothèse élémentaire, que tendraient à éclairer certains travaux - contribuent à secrètement "briser le coeur" (syndrome japonais de Tako-Tsubo), "encrasser" les artères. Au delà des cas individuels, dont devrait se préoccuper tout analyste, refait à nouveau surface, aujourd'hui, le problème toujours aussi dramatique et opaque des enfants autistiques. Le terme englobe des catégories de sujets, tous déroutants, qui pourraient requérir des approches distinctes exigeant, toutes, quelles qu'elles soient, prudence et audace, tolérance et générosité, finesse et érudition - mais d'abord, avant tout et par dessus tout, l'instauration de conditions de vie prises en charge par la société et visant à assurer protection, sécurisation, confort, exténuation du malheur d'être. C'est la définition même de l'approche psychanalytique, dont le principe de base est de toujours se remettre en question. Ne dogmatisent que les cuistres. Qu'une ministre en vienne à tenir, à l'endroit de la psychanalyse, les propos que cite Laurent Rompteaux - voilà qui n'ira pas sans quelques désastres.

Nous avons affaire là, croyons-nous, à une "crasse" officielle, institutionalisée, qui veut imposer une "loi" arbitraire, corporatiste, médiatico-populiste, à toute une population d'enfants meurtris, marginalisés, malheureux. La rengaine compassionnelle se veut réponse à tout : "c'est pour leur bien", est-il affirmé aux divers échelons, du groupement familial impatient et culpabilisé, broyant du noir, jusqu'aux cercles officiels qui se complaisent aux quadratures scientistes. Reste que la visée la plus patente, formulée d'entrée de jeu, est d'exclure des pratiques psychologiques, pédagogiques, politiques et culturelles, la psychanalyse et sa puissance inégalée de pénétration et de compréhension de la réalité humaine. Qu'attendent donc les postérités freudiennes, les enfants de l'analyse pour, par delà sectarismes et pusillanimité, faire entendre, avec rigueur, pugnacité et sachant abattre toutes les cartes de l'inconscient (la "carte du tendre" y trouve sa place), leur voix?


Roger Dadoun

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"Mariage pour tous"texte de Roger Dadoun

5 Juillet 2013 , Rédigé par laurent rompteaux

Nous avons pris pas mal de retard sur de nombreuses infos, le changement de version d'over-blog n'y est pas pour rien, voici un texte de Roger Dadoun pour débuter les publications à venir.

Elle est retrouvée. – Quoi ? - L’Humanité!

Ce qui, au vu des antagonismes et incidents qui ont caractérisé l’affaire du “mariage pour tous”, persiste de plus flagrant, c’est la confusion. En décantant à l’extrême, on parviendrait, au mieux, à distinguer deux pôles antagonistes. Un pôle qu’on peut qualifier de “biologique”, consistant à privilégier l’existence du couple homme-femme (on dirait plutôt, en l’occurrence : mâle-femelle) dont la fonction, galamment qualifiée de “vocation” ou “mission”, consisterait à faire des enfants. Il se classerait à “droite” (chrétiens, traditionnalistes, UMP, extrême droite). Un pôle, “culturel”, classé à “gauche”, revendique de son côté l’élargissement à tous les couples, nommément homosexuels, des droits afférents au mariage institutionnel. A regarder de près, ces deux pôles n’ont pas de raison de se contrarier - nul n’empiète vraiment sur les positions de l’autre. Simplement, à l’institution du mariage traditionnel est venu s’ajouter un avenant homosexuel. C’est ainsi que l’expression réductrice de “mariage homosexuel”, dit aussi “mariage gay”, a retenu toute l’attention.

En brouillant ainsi toutes les pistes – sexuelle, religieuse, politique, idéologique -, l’agitation autour du “mariage pour tous” a empêché que l’on prenne conscience d’une avancée (qui serait retour aux origines?) anthropologique surprenante. Les partisans du mariage traditionnel (occidental) s’avancent camouflés derrière l’enfant - un enfant-roi sans couronne, soumis la plupart du temps aux agressions, violences et contraintes disciplinaires de l’adulte. Quant au “mariage homosexuel”, l’expression indique assez que c’est la sexualité qui en est le principe de base.

Inscrite sur la plus longue durée, il semble possible, et légitime, de prendre au pied de la lettre la formule “mariage pour tous”, en la ramenant à son sens le plus littéral, qui lui donne paradoxalement une envergure exceptionnelle. Quand l’officier public prononce le mariage entre homme et femme, il ne demande pas à l’homme et à la femme de déclarer leur sexe; le bel habit suffit à faire les mariés. De même, face au couple femme-femme ou homme-homme, il considère comme allant de soi qu’il a affaire au genre “gay” ou “lesbien”. Dans tous les cas, le “genre sexuel” oblitère cet autre genre, d’une tout autre ampleur, irrécusable et fondatrice, qui s’appelle “genre humain” (on voit à quel point la confusion persiste). S’il est vrai qu’au plan individuel et social, ce sont les habillages sexuel, économique, patrimonial, parental, culturel qui dominent et accaparent l’existence entière - au plan de l’espèce humaine, reconnue l’élémentaire perception de ce que nous sommes tous, c’est qui compte au premier chef, qui est irrécusable et incontournable, dans les siècles des siècles, nonobstant crimes et massacres, c’est l’”alliance”, la “reconnaissance” entre deux êtres humains, la relation “congénère”, fraternelle, animale et culturelle ensemble, entre moi et l’autre (l’autre, “mon semblable mon frère”). Contre les redoutables écoles, juridiques, politiques, philosophiques, qui proclament que “l’autre est l’ennemi”, le “mariage pour tous”, assumé comme tel (le “pour tous” est, sans le vouloir, une notion fantastique!), oubliant ses défroques religieuses ou libertaires, est de nature à montrer la voie – la vérité, la vie - à l’“alliance” primordiale, originelle, de l’”un et l’autre” (“toi” et “moi”) où viendrait se ressourcer un sens de l’humain irréductiblement présent et rageusement refoulé. Nous sera-t-il possible, du coup, de faire écho, au cri du poète (Rimbaud, “L’Alchimie du Verbe”) évoquant pour sa part sa découverte de “l’Eternité” : “Elle est retrouvée. – Quoi ? – L’Humanité!”?

Roger Dadoun, philosophe, psychanalyste.

Auteur notamment de “La sexualité humaine. 3. Les régulations sociales de la sexualité”, in Encyclopaedia Universalis, t.14, 1972. L’érotisme. De l’obscène au sublime, PUF, Quadrige, 2010.

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