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Conférence de Jean Cooren 09/04 Lille 3

27 Mars 2011 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

L'ASSOCIATION DES PSYCHOLOGUES CLINICIENS DE LILLE 3

A le plaisir de vous inviter à la prochaine conférence  de l'Association qui aura lieu  à l'Université de Lille 3, Villeneuve d'Ascq, sortie Pont de bois. (Bâtiment A, 4e étage de l'UFR de Psychologie) Entrée libre

Conférences du « Samedi matin » 

Le samedi 9 avril de 10h à 12h salle A2 519 :A propos de son livre : « L'ordinaire de la cruauté »Par Jean Cooren, psychanalyste.

Réécrire la cruauté 
La vie/la mort sont présentes dans le quotidien, et elles hantent notre Histoire et notre Culture. Ainsi il arrive que des paroles, des situations individuelles ou des évènements collectifs fassent davantage « trauma », ne parvenant pas à se lier spontanément par/dans/grâce à la parole. Ils demeurent alors en chacun en traces indélébiles, subsistant comme des « trous » dans la mémoire active à partir de laquelle on parle, on associe, on élabore.

 

 

Ces trous dans la pensée, ces « non lieux » de pensée et de parole, traversent les générations, viennent hanter les descendants, se révélant par des actes énigmatiques, des comportements étranges, des symptômes bizarres, que la nosographie médico-psychiatrique se chargera toujours de nommer. Ces trous dans la mémoire/pensée/parole transforment parfois l'individu en un porteur souffre-douleur. Mais ils n'ont pas seulement cette fonction négative, ces trous recèlent en effet sur leurs bords un haut potentiel énergétique, et peuvent être à l'origine d'une grande créativité. Ils participent alors du renouvellement permanent de la Culture, un paradoxe que nous devons soutenir à l'encontre de toute injonction « normative » et de toute illusion a-symptomatique.Mais ces enclaves peuvent aussi être porteuses de mort, autant pour l'individu que pour la collectivité. Ainsi quand elles se greffent sur les pouvoirs en place et se développent en des nœuds d'emprise, elles infiltrent un peu à la fois les institutions et la société, y créant de graves dysfonctionnements, à l'origine de désordres d'autant plus cruels qu'ils sont toujours « justifiables » par l'anonymat de l'économie, la nécessité de l'ordre, ou la raison d'État. La psychanalyse, en sa théorie et en sa pratique, ne saurait se montrer indifférente à l'impact individuel et collectif de ces écritures individuelles et collectives du « malheur ». Ce serait oublier que ces écritures sont aussi au fondement du désir.Écritures multiformes, corporelles, verbales ou hiéroglyphiques, leur déchiffrement devient possible à la condition que l'on veuille bien y prêter attention. Le « temps hors-temps » qui est celui de la séance constitue en effet un dispositif transférentiel favorable pour accueillir ce « jeu » individuel de la vie/ la mort mais aussi l'apparent « hors texte » social et politique qui ne cesse pourtant de s'écrire en chacun. Ces écritures peuvent se réécrire autrement, à l'aune du transfert, et mettre la pulsion de mort davantage au service de la vie et de l'avènement d'une démocratie toujours à venir.La psychanalyse accomplira d'autant mieux cette tâche qu'elle aura su déconstruire en elle-même ses propres fantômes et son attachement atavique à un type néolibéral de société. 
                                                                                                                          Jean Cooren

A noter aussi

Le samedi 14 mai de 10h à 12h salle A2 519 :
« Le rire à l'épreuve de l'inconscient »
Par Anne Bourgain, psychanalyste, MCF-HDR en psychopathologie Paris 13

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