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Articles récents

Sensibilisation au psychodrame 27/11

29 Octobre 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #infos

Dépéchez-vous pour vous inscrire, il faudra attendre Janvier ou Mars pour la prochaine.

Nous naissons, grandissons et vivons au sein de groupes, personnels et professionnels, qui nous sont si familiers que nous avons cessé de les percevoir, d’y penser, d’y réfléchir. Ce n’est qu’exceptionnellement que les groupes nous « parlent » : foules, fêtes et commémorations, réunions et colloques, etc. Ils nous portent ou nous pèsent, nous aident ou nous contraignent.

Nous sommes formés à écouter la personne, le Sujet. Peut-on écouter un groupe comme on écoute une personne ?

Le travail thérapeutique en groupe, ou en famille ou couple nous apprend qu’il est possible ou même indispensable d’être à l’écoute du groupe.

Se sensibiliser à cette écoute passe par l’expérience directe c’est ce à quoi nous vous invitons. Nous vous proposons de faire l’expérience du psychodrame.

Le psychodrame est une mise en scène, en action, par le jeu de situations qui posent questions. Cette découverte du groupe par le psychodrame est aussi celle de l’inconscient dans ses expressions intra et inter-subjectives.

Le groupe de sensibilisation peut constituer une expérience en soi, éventuellement renouvelable, ou être le préalable à une formation de longue durée (2011).

Public : Professionnels de la santé (psychologues, psychiatres, psychothérapeutes, infirmiers, orthophonistes, psychomotriciens…), du champ médico-social (éducateurs, assistants sociaux…), enseignants, étudiants ou autres professionnels des champs institutionnel et social exerçant l'animation des groupes.

Prochaine journée,

le 27 Novembre par Damien Queval et Delphine Brenet.

 

Inscription obligatoire, places limitées 8 personnes maximum par groupe, constitué selon les psychodramatistes et les liens que les participants pourraient avoir entre eux.

Tarif : 65 euros, étudiants 40 euros prise en charge possible par la formation professionnelle

Inscriptions : chèque à l’ordre de l’association Echoterra à envoyer  avec le bulletin d’inscription ci-dessous à Trésorerie Echoterra 7 rue de la MARNE 62231 SANGATTE

Bulletin d’inscription :   Sensibilisation Psychodrame

Nom :                                                                           Prénom :

Adresse :

Téléphone :                                                               Profession :

Adresse mail :nous vous recontacterons pour préciser le déroulement de la journée

L’association se donne le droit d’annuler cette journée si le nombre d’inscrits est insuffisant et opérera au remboursement des inscriptions. Quand annulation des inscriptions par les participants, le remboursement se fera intégralement moins les frais de port si l’annulation a lieu 3 semaines avant le début du groupe ; si plus tard le remboursement sera de 50%.

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Citéphilo 2010 Lille du 05 au 28/11

27 Octobre 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

Le programme complet est consultable ici .

 

affiche citephilo 2010

 

Nous avons repéré de manière totalement subjective

 

Le 13 Novembre

Capitalisme, désir et servitude (La Fabrique)

De 14h30 à 16h30 
Palais des Beaux-Arts - grand auditorium - Place de la République – Lille

en présence de l’auteur :

  • Frédéric Lordon
    Économiste, directeur de recherches au CNRS, chercheur au Centre de Sociologie Européenne
    A également publié: La crise de trop (la fabrique) ; Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières (raisons d’agir) ; Et… Fermer la bourse ? Commencer la démondialisation financière (la découverte)
  • Discutant: Eric Hassenteufel
    Professeur de philosophie au lycée montebello de lille
  • Modération: Laurent Cordonnier
    Économiste maître de conférences à l’université lille i
Au-delà de la critique marxiste du capitalisme, il pourrait être pertinent d'analyser les affects que celui-ci met en œuvre pour assurer sa perpétuation. Après l'époque de la contrainte et de la discipline autoritaire, nous voici face à une entreprise d'enrôlement du désir et du plaisir où le salarié est tenu d'adhérer à sa propre aliénation. De ce point de vue, il parait salutaire de revenir à Spinoza pour comprendre comment les affects du salarié peuvent être synonyme de domination et en un sens se retourner contre lui. Un dépassement du capitalisme contemporain ne peut en effet se concevoir sans cette compréhension.

L’avenir du commun, ou comment se le réapproprier

De 19h30 à 21h30
Palais des Beaux-Arts - grand auditorium - Place de la République – Lille

  • Toni Negri
    Philosophe
    A notamment publié : inventer le commun des hommes (bayard) ; spinoza et nous (galilée) ; (en collaboration avec michael hardt : multitude : guerre et démocratie à l'époque de l'empire (la découverte) ; empire (exils) ; commonwealth (harvard university press ).
  • Isabelle Stengers
    Professeur de philosophie des sciences à l’université libre de bruxelles
    A notamment publié : la vierge et le neutrino. quel avenir pour les sciences ? (les empêcheurs de penser en rond) ; au temps des catastrophes. résister à la barbarie qui vient (la découverte).
  • Frédéric Lordon
    économiste
    A notamment publié : capitalisme, désir et servitude (la fabrique) ; la crise de trop. reconstruction d’un monde failli (fayard).
  • Modération: Pierre Dardot
    Philosophe
L’analyse des formes contemporaines de la production capitaliste oblige à faire retour sur ce par quoi elle avait commencé : l’appropriation privative (enclosures) de ce que les communautés traditionnelles géraient sous forme de biens communaux. Loin d’être un simple phénomène précurseur, la privatisation des commons apparaît comme une véritable constante : en témoigne paradoxalement la résistance qu’un certain nombre de mouvements (collectifs de création de logiciels libres, communautés d’usagers) opposent à cette tendance qui, via par exemple la brevetabilité du vivant, étend son emprise sur l’ensemble des ressources auxquelles jusqu’ici l’humanité avait un accès collectif.
Reste à donner un horizon à une telle résistance. Traduit-elle, selon l’analyse classique de Marx, la tendance du capitalisme à créer les conditions de son propre dépassement ? Auquel cas il faudrait voir dans l’émergence de ce qu’on appelle aujourd’hui économie de la connaissance ou capitalisme cognitif la condition de surgissement d’une production enfin commune, entendue comme un « processus constituant » (Toni Negri) que ses agents doivent se réapproprier. Ou bien (Isabelle Stengers) faut-il y voir le signe que la puissance de destruction du capitalisme a franchi une limite supplémentaire, face à quoi, rompant avec toute forme d’optimisme scientiste, de nouvelles communautés d’usagers créent de nouvelles formes de résistances, expérimentant des pratiques qui inventent/retrouvent l’art de faire attention ?

Le 14 Novembre

L’amour a-t-il un avenir ?

De 17h à 19h 
Palais des Beaux-Arts - grand auditorium - Place de la République – Lille

  • Barbara Cassin
    Philologue et philosophe
    A notamment publié : (co-auteur avec alain badiou)il n’y a pas de rapport sexuel. deux leçons sur « l’Étourdit » de lacan (fayard)
  • Alain Badiou
    Professeur émérite à l’École normale supérieure
    A notamment publié : (co-auteur avec barbara cassin) heidegger. les femmes, le nazisme et la philosophie (fayard)
  • Françoise Gorog
    Psychiatre
    A notamment publié : des mélancolies (ed. du champ lacanien)
  • Modération: Aude Lancelin (sr)
    Philosophe journaliste critique littéraire
Lacan dit qu’il n’y a pas de rapport sexuel. Heidegger relate à « sa chère petite âme », sa femme Elfriede, ses relations amoureuses, du moins certaines d’entre elles. Barbara Cassin, Françoise Gorog et Alain Badiou s’interrogent. A partir de Lacan, à partir d’Heidegger, sur les rapports hommes, femmes, philosophie. A partir de la philosophie, à partir de la psychanalyse.

Le 17 Novembre

Pourquoi désobéir en démocratie ? (La Découverte)

De 17h30 à 19h30
Palais des Beaux-Arts - grand auditorium - Place de la République – Lille

en présence des auteurs :

  • Albert Ogien
    Philosophe, directeur de recherches au CNRS, enseigne à l’EHESS
    A également publié : (avec louis quéré) le vocabulaire de la sociologie de l’action (ellipses), les formes sociales de la pensée. la sociologie après wittgenstein (Armand Colin)
  • Sandra Laugier
    Professeur de philosophie à l’Université Paris I – Panthéon Sorbonne
    A notamment publié : Une autre pensée politique américaine : la démocratie radicale d’Emerson à Stanley Cavell (Michel Houdiard); Le souci des autres, éthique et politique du care (EHESS)
Ce livre original, écrit par un sociologue et une philosophe, analyse le sens politique de la désobéissance, en l'articulant à une analyse approfondie des actes de désobéissance civile qui prolifèrent dans la France d'aujourd'hui - à l'école, à l'hôpital, à l'université, dans des entreprises, etc. Il montre comment ces actes s'ancrent avant tout dans un refus de la logique du résultat et de la performance qui s'impose désormais comme un  mode de gouvernement. À la dépossession qui le menace - dépossession de son métier, de sa langue, de sa voix - le citoyen ne peut alors répondre que par la désobéissance, dont le sens politique doit être pensé.

Le 18 Novembre

Freudaines ? - Lettres de Sigmund Freud, lues par Olivier Balagna

De 19h à 21h 
Théâtre de la Verrière – 28, rue Alphonse Mercier – Lille

En partenariat avec le Théâtre de la Verrière

Suivi d’un débat : L'invention de la psychanalyse et la constitution du sujet libéral et de ses avatars

  • Olivier Balagna
    Comédien
  • Dominique Sarrazin
    Directeur du théâtre de la verrière
  • Philippe Dujardin
    Docteur d'etat en science politique
    A notamment publié : de quoi sommes-nous contemporains ? (seuil) ; simone weil, idéologie et politique (la découverte) ; 1946, le droit mis en scène. propositions pour une analyse matérialiste du droit constitutionnel (presses universitaires de grenoble)
  • Gérard Wormser
    Philosophe
    A notamment publié : malaise dans le capitalisme : de quoi sommes-nous contemporains ? (sens public)
  • Modération: Jean-François Rey
    Professeur de philosophie à l’iufm de lille
La très riche correspondance de Freud permet de saisir la psychanalyse dans le processus même de son invention. Mieux que les textes doctrinaux, elle expose les linéaments d'un dispositif conceptuel en cours d'élaboration. Mais, aussi singulière et originale soit-elle, la psychanalyse demeure fille de son temps. Le sujet freudien a partie liée avec le Sujet que les États modernes placent, dès la fin du XVIIe siècle, au centre du dispositif politico-juridique que l'on dira libéral. Sujet hérétique, dont le for interne devient la scène primordiale par laquelle s'opère l'incorporation de la loi et où règnent les principes du jugement et du choix.

Le 23 Novembre

L’économie des Toambapiks. Une fable qui n’a rien d’une fiction (Liber)

De 17h à 19h 
FNAC - 20 rue St Nicolas – Lille

en présence de l’auteur :

  • Laurent Cordonnier
    économiste
    A notamment publié : pas de pitié pour le gueux (liber)
  • Présentation: Igor Martinache
    Agrégé de sciences economiques et sociales ater au ceraps de l’université de lille ii
C'est bien connu : les économistes aiment les fables : elles leur permettent d'illustrer de façon simple des échafaudages théoriques souvent abscons. Mais souvent elles servent aussi à légitimer les modèles (néo)classiques dominants. Laurent Cordonnier retourne ici cette « arme » contre ses concepteurs en imaginant l'histoire d’un jeune économiste fraîchement émoulu du prestigieux MIT et appelé à la rescousse par la tribu des Toambapiks. Pratiquant la monoculture agricole dans une économie de trocs, ceux-ci sont en effet désireux de diversifier leur production et leur consommation. Étape par étape, on assiste à la manière dont cette économie se complexifie (via notamment l’introduction de la monnaie) et surtout aux conséquences inattendues qui ne manquent pas de se manifester... L'auteur, à qui on doit déjà le savoureux Pas de pitié pour les gueux, propose sous une forme divertissante un véritable cours sur les principes de l'économie classique et leur remise en cause keynésienne. Le tout sans oublier de pointer leurs implications actuelles et de moquer les discours de certains « confrères » intronisés conseillers du prince.

Le 24 Novembre

Dedans, dehors. La condition d’étranger (Seuil)

De 20h à 22h
Palais des Beaux-Arts - grand auditorium - Place de la République – Lille

En partenariat avec Attacafa

en présence de l’auteur :

  • Guillaume Le Blanc
    Professeur de philosophie à l’université de bordeaux
    A également publié : l’invisibilité sociale (puf), vies ordinaires, vies précaires (seuil),
  • Présentation: Karine Bocquet
    Professeur de philosophie au lycée marguerite de flandre à gondecourt

Dans la lignée de Vies ordinaires, vies précaires (Seuil, 2007), Guillaume Le Blanc aborde en philosophe une réalité sociale que l’actualité ne cesse d’illustrer : la stigmatisation de l’étranger. Qu’est-ce qu’être étranger dans une nation ? Qu’est-ce qu’une vie sans attaches, prise entre deux langues, en attente ? Que fait-on quand on désigne quelqu’un par le nom d’« étranger » ? Au fil de l’analyse, Guillaume Le Blanc dénoue tous les ressorts qui assignent les étrangers à une place intenable : dans la nation mais dehors, avec elle mais perçus contre elle. Ce faisant, l’auteur conduit le lecteur vers une question qui traverse l’histoire de la philosophie : peut-on se penser soi-même comme un autre ?

 

Le 25 Novembre

Freud, la psychanalyse et la politique

De 18h à 20h
ESJ - 50 rue Gauthier-de-Châtillon – Lille

en partenariat avec l’ALI (Association Lacanienne Internationale)

  • Elie Doumit
    Philosophe, psychanalyste à Lille et au Maroc, fondateur de l'Ecole psychanalytique du Nord, membre de l'Association Lacanienne Internationale
  • Hélène L’Heuillet
    Philosophe
    A notamment publié : basse politique, haute police (fayard), la psychanalyse est un humanisme (grasset), aux sources du terrorisme (fayard)
  • Modération: Stanislas Deprez
    Maître de conférences en philosophie à l’université catholique de lille
Les rapports de la psychanalyse et de la politique sont complexes pour ne pas dire dysharmoniques. Cela est dû, sans doute, aux motivations inconscientes de la politique et à la manière dont Freud conçoit l’origine du pouvoir et de la loi à partir du meurtre du chef primitif. C’est, là, une vue qui fait, en fin de compte, du système politique une illusion qui masque la culpabilité. A-t-elle encore une portée opératoire dans nos sociétés modernes ? Qu’en est-il à cet égard de la position lacanienne ?

Le 26 Novembre

Le pain et les miettes. Entre tout et rien, essai de psychanalyse de l’homme actuel (Klincksieck)

De 19h30 à 21h30 
Médiathèque Jean Lévy – Salle de Lecture – 32/34 rue Edouard Delesalle – Lille

en présence de l’auteur :

  • Christian Godin
    Maître de conférences à l’université blaise pascal de clermont-ferrand
    A également publié : la philosophie pour les nuls (générales first), la totalité (6 volumes) (champ vallon) ; le nouveau cours de philo
  • Présentation: Michèle Vergeade-Taibi
    Professeur de philosophie au lycée marguerite de flandres de gondecourt
Dans ce  nouvel essai, Christian Godin emprunte à Freud sa triade  "Névrose, Psychose et Perversion "pour décrypter nos vies en miettes, que plus rien ne semble pouvoir unifier, ni combler. Au travers des  sept dimensions de  son existence : l'être, l'agir, le pouvoir, le voir, l'avoir, le savoir et le dire, c'est le problème de la perte d'un sens global - et commun - de la culture pour  l'homme contemporain qui est  posé. Pessimisme, nostalgie ou passéisme  ?.... Le pain d'aujourd'hui n'aurait-t-il pas toujours moins de goût que celui de l'enfance ?
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Henri-Pierre Bass à Wimereux

27 Octobre 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

Nous voulions remercier les personnes ayant bravéla tempête le soir de la conférence qui fut encore un moment très riche de partage et de réflexion. Merci à Henri-Pierre Bass pour ce bon moment en sa compagnie et l'intérêt témoigné pour notre association. Nous reparlerons plus tard de cette soirée, pour l'instant nous vous proposons juste un lien vers un article réalisé à l'occasion de la soirée cliquez ici

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Nous donnerons bientôt plus d'infos sur le programme 2011.

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L'accueil de la petite enfance à écouter

26 Octobre 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #infos

La petite enfance est un âge qui nous suit toute notre vie. Il y a du bébé dans l’adolescent et sans doute aussi chez les adultes. La petite enfance est l’âge où s’acquiert la confiance et se forge la créativité de notre vie future. Livré à lui-même, le bébé se recroqueville sur lui-même. Trop sollicité ou encadré, il perd sa capacité d’initiatives. Les bébés, il convient de s’en occuper, mais il faut savoir également les laisser tranquilles. Être auprès d’eux, sans chercher à s’en débarrasser à coup de BabyTV ou BabyFirst, de logiciels ludo-éducatifs, ou à coup de programmes d’habiletés sociales tels ceux qui sont mis en œuvre dans certaines crèches afin de socialiser les bambins au plus vite ! Devenir un être socialisé n’est pas apprendre à se fondre dans un groupe anonyme. « Mamaïsez les crèches » conseillait Françoise Dolto. « Papaïsez les lieux d’accueil » », renchérit le pédopsychiatre Patrick Beb Soussan qui vient de diriger un « Livre Noir de l’accueil de la petite enfance ». « Nous les formatons, calibrons, nous sommes les nouveaux Merlins, enfanteurs de clones ritalinés, coachés » … s’écrie le médecin dans sa préface. « Nous voulons un bel enfançon, normé et étalonné » s’exclame-t-il. Allons bon. Les crèches seraient-elles devenues des maisons de correction pour bébés turbulents ? Les terribles images que les téléspectateurs du monde entier ont pu voir fin 2009 de la crèche de Pistoia en Toscane sont exceptionnelles. Il est rare que des enfants soient battus dans les lieux d’accueil de la petite enfance et les Maisons d’Assistants Maternels. Mais sans être mal traités, ils peuvent être l’objet d’un traitement social intensif. L’ouverture de l’accueil à la libre concurrence n’est pas que bénéfique. Le marché des crèches aiguise les appétits des opérateurs privés. Sans compter qu’il manque à notre pays 300 000 à 400 000 places pour l’accueil des tout-petits. En 1844, Firmin Marbeau, ouvrait la première crèche pour nourrissons à Chaillot. Depuis, sont apparues la crèche parentale, la crèche familiale, la micro crèche. Cette diversité des lieux d’accueil de la petite enfance ne doit pas entraîner leur démentèlement. D’où ce livre noir. Nous avons invité trois spécialistes de la petite enfance pour en débattre…

Invité(s) :
Patrick Bensoussan, auteur, Responsable du Dpt de psychologie clinique Institu Paoli Calmettes de Marseille
Sylviane Giampino, psychanalyste et psychologue
Corine Chaillan, présidente de la FNEJE : Fédération Nationale des Educateurs de Jeunes Enfants

 

 

c'était sur France Culture, cliquer ci-après pour écouter

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Journée de réflexion et de protestation 21/11 Paris

26 Octobre 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

Journée de réflexion et de protestation à l’initiative d’Espace Analytique :

Des psychanalystes mettent en cause la politique du gouvernement français à l’égard des Tsiganes

Dimanche 21 novembre 2010, de 13h30 à 19h

(École normale supérieur, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris)

Cibler une population pour l’exclure, comme le gouvernement français l’a fait envers les Gens du Voyage, français, et les Roms, étrangers communautaires, est un acte condamnable. Dans une Europe fragilisée par une crise économique majeure, ce genre de geste risque de transférer le malheur quotidien en vindicte populaire, dès lors qu’est désigné un bouc émissaire.

Mais il y a plus grave. L’histoire du XXe siècle nous enseigne que c’est là un engrenage politique fatal. Les institutions européennes ont protesté. L’idéologie de la libre circulation des personnes est constamment affichée. Pourtant la mise en place de la zone Schengen et une phraséologie multiculturaliste à géométrie variable provoquent des formes de clôture ségrégative intra-européenne.

La psychanalyse a cerné la tendance à la ségrégation, relevée par Lacan après la Massenpsychologie de Freud, propre au fonctionnement de l’inconscient individuel. Espace Analytique en avait fait le thème de son Congrès de 2004. Il importe d’y revenir aujourd’hui, alors que fonctionne cette "exclusion interne" que nous connaissons bien, en invitant nos collègues à une journée de réflexion et de protestation le 21 novembre prochain, autour d’Henriette Asséo, historienne, professeur à l’EHESS et de Patrick Williams, anthropologue, directeur de recherches au CNRS dont les recherches font autorité sur l’histoire et l’anthropologie des Tsiganes.

La politique gouvernementale française actuelle a une double dimension.

- Sur le plan intérieur, elle laisse entendre que la nationalité ne confère plus la citoyenneté de plein droit. Ainsi, en gommant le fait que les Gens du Voyage vivant en France sont des citoyens français, elle teste des techniques de suspicion sur l’ « identité nationale » d’une partie des Français.

- Sur le plan extérieur, elle déconnecte des étrangers relevant du droit communautaire, les Roumains ou Bulgares dits « Roms », de leurs attaches nationales. Elle contribue à accélérer les expropriations en Europe centrale et orientale et à fabriquer une catégorie politique unique de « roms migrants », ethniquement responsable de leurs discriminations.

La tentation partagée par tous les Etats européens de l’« ethnicisation politique » remet en cause les principes de la souveraineté nationale ; elle met en péril le fonctionnement démocratique de notre société, tel qu’il s’est bon an mal an établi depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est de cela que nous parlerons dimanche 21 novembre 2010.

Programme

1- Projection du film de Raphael Pillosio : « Des Français sans histoire » (2009, 84 minutes), et discussion avec le réalisateur :

La France a interné des hommes, des femmes et des enfants catégorisés comme "Nomades" durant la Seconde Guerre mondiale. Une trentaine de camps disséminés dans tout le pays, ont emprisonné environ 6 000 personnes de mai 1940 à mai 1946.
Qui sont ces " Nomades " internés ?
Pourquoi ont-ils été internés ?
Quelles étaient leurs conditions de détention ?
Ce film qui part à la recherche des dernières traces de ce passé, reconstitue l’Histoire méconnue d’une population qui est marginalisée, stigmatisée depuis plus d’un siècle par l’Etat français.

2- Conférence animée par Catherine Saladin et Bernard Toboul, avec les interventions de :
Henriette Asséo : mise en perspective historique de la politique de ségrégation des Roms et des Gens du Voyage
Patrick Williams : approche anthropologique de la culture des Tsiganes.

3- Table ronde et discussion générale : interventions de Marcel Drach, Jean-Jacques et Françoise Moscovitz, Jean-Christophe Saladin, Guy Sapriel, Catherine et Alain Vanier.

4- Conclusion musicale : petit concert tsigane

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SUJET MODERNE ET LIEN SOCIAL 27/11 Bruxelles

25 Octobre 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

SUJET MODERNE ET LIEN SOCIAL

Responsables :

 

Myriam Machurot, Alain Dekeuleneer

Samedi 27 novembre 2010

Bruxelles (Belgique)

L'homme moderne refuse toute contrainte, il se veut libre,

autonome. La rançon en est sa solitude. L'autre n'étant plus un

tiers, il représente davantage un intrus. La consommation

d'objets, l'addiction généralisée comme recouvrement de tout

conflit possible et le lien communautaire s'offrent, dans le social,

comme réponse à cette solitude. Face à ces constats, quel peut

être l'apport du psychodrame pratiqué à la SEPT ?

La SEPT propose un travail en groupe offrant un espace

d'identification à l'autre, propre à faire émerger le lien du sujet à

la communauté humaine par son inscription dans le langage.

Expérience du lien mais aussi de séparation d'avec l'autre et de

division subjective.

Mais comment entrer dans un groupe dès lors qu'autrui est vécu

comme intrus? Et comment s'en séparer? Le groupe lui-même ne

risque-t-il pas de devenir un objet-leurre qu'on ne peut plus

quitter ? Notre dispositif permet-il de travailler avec des sujets

liés socialement par un trait (toxicomanes, victimes d'agression,

hyperactifs etc.) que nous rencontrons dans notre clinique ?

Nous tenterons de préciser les ressources de ce travail en groupe

pour notre sujet moderne.

(Contact : M. Machurot machurotmyriam@hotmail.com ;

Alain Dekeuleneer adeka@chello.be)

 

 

9 h 30 : Ouverture de la journée par Alain Dekeuleneer

9 h 45 – Patrick de Neuter : Symbolisations et autres processus de changement dans le groupe

de psychodrame

Henri Fromm : Le psychodrame à la SEPT.

Marie-Noëlle Gaudé : Un groupe de psychodrame avec des adolescents.

APRÈS-MIDI – Modérateurs : Myriam Machurot et Ludger Hebborn

14 h – Jean-Pierre Lebrun : Incidences cliniques de la mutation du lien social sur le triangle

Oedipien

Serge Lesourd : Intervention sous réserve.

Table ronde : Clinique psychodramatique et modernité

Marie-Philippe Deloche – Françoise Campion-Nain, Disciole Marci, Elisabeth Mercier –

Anna Stecca

L’inscription se fait sur place

Participation aux frais : 30 € (étudiants : 15 €)

 

 

 

Hôtel BEDFORD et CONGRESS

135-137 Rue du Midi BRUXELLES

 

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René Kaës "Les alliances inconscientes" Paris 6/11

24 Octobre 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

PARIS, Conférence-débat
Samedi 6 novembre 2010 de 14h30 à 18h

Marc Bonnet, Mireille Fognini, Jean-Louis Serverin

 

Lieu : Schola Cantorum, 269, rue Saint-Jacques, 75005 Paris

 

Argument : Pour faire lien, dès l’origine de la vie psychique et ultérieurement pour former un couple, vivre en famille, s’associer en groupe, pour vivre en communauté avec d’autres humains, nous nous investissons électivement les uns les autres, nous nous identifions inconsciemment entre nous et, de là, à des objets et à des traits communs. Ces accordages accompagnent nos premières expériences intersubjectives. 

Pour faire lien, ces expériences et ces processus sont nécessaires, mais ils ne suffisent pas : nous devons encore nouer et sceller entre nous des alliances, certaines conscientes, d’autres inconscientes. La fonction principale de ces alliances est de maintenir et resserrer (contracter) nos liens, d’en fixer les enjeux et les termes, et de les installer dans la durée. Chacun d’entre nous a besoin de l’autre pour réaliser ceux de ses désirs inconscients qui sont irréalisables sans l’autre, et pour assurer des défenses étayées sur celles de l’autre ou de plus d’un autre. Et réciproquement.
Les accords qui en résultent demeurent le plus souvent inconscients dans leurs enjeux, dans leurs contenus et dans leurs effets. 
Deux questions retiendront plus particulièrement notre attention : comment penser ce qui dans ces alliances est de l’ordre de l’inconscient : de leur topique, de leur économie, de leur dynamique ? En quoi ces alliances inconscientes, qu’elles soient scellées par le refoulement ou par le déni, sont-elles co-constitutives de l’inconscient de chacun, dès lors sujet de ces alliances ?

 

 

Secrétariat Scientifique : Gérard Bazalgette, 42, rue Pérey, 33000 Bordeaux. Tél. : 05 56 24 65 93 Tél.-Fax : 05 56 84 00 36 E.mail : gerard.bazalgette@free.fr

Brigitte Dollé-Monglond, 2, avenue G. Pompidou, 31500 Toulouse. Tél. : 05 61 55 58 11 E.mail : dolle-monglond@wanadoo.fr

 

 

Inscription : Entrée libre

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Colloque "Trouvailles" Paris 20/11/2010

23 Octobre 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

Colloque ETAP "Trouvailles"
 Samedi 20 novembre 2010 de 9h à 18h

FIAP Jean Monnet, Espace Bruxelles - 30 rue Cabanis - 75014 Paris

Parfois, dans le cadre d’un psychodrame, patients et thérapeutes sont les témoins émus et ravis de l’éclosion d’un affect resté jusque là souterrain, de la maturation d’une représentation restée longtemps rabougrie, du déploiement sous le soleil de la vie psychique d’un fantasme qui ose enfin vivre au grand jour…la vie psychique du patient s’anime.

Il arrive aussi qu’un acteur thérapeute se surprenne à dire, à jouer, à vivre, des représentations et des affects inattendus, témoins d’un contre-transfert qu’il va devoir reconsidérer. Il arrive que le meneur de jeu propose une scène qui procède autant de sa propre problématique que de celle du patient, qu’il commente une scène en des termes qui l’étonnent lui-même…

Il arrive enfin que ces émergences inattendues concernent des affects et des représentations où se jouent les dynamiques groupales, celle du groupes des thérapeutes, celle du groupe des patients, celle du groupe formé par le ou les patients et les thérapeutes.

Dans tous ces cas il s’agit de trouvailles marquées par le plaisir, et par le partage du plaisir. Parce que ce qui était fermé s’ouvre, parce que ce qui était condamné au silence ose enfin s’exprimer, parce qu’Eros l’emporte sur Thanatos, parce que la Vie l’emporte.

 Roger PERRON

matin 
Modérateur : Ophélia Avron
Pascal Cacot : Allocution de bienvenue
Isaac Salem  : Présentation de la journée
Sylvie Faure-Pragier : L'émergence du nouveau
Brigitte Kammerer, Jérôme Héroguel, Gabrielle Mitrani, Isaac Salem : S'il te plait, apprivoise-moi
Après-midi
Modérateur : Gérard Bayle
Laurent Danon-Boileau : La trouvaille c'est la santé
Roger Perron : Ingénuité et ruses du préconscient
Jean-Charles Crombez : conclusions

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Lire Sandor Ferenczi : un disciple turbulent

23 Octobre 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #livres

Vient tout juste de paraître, nous ne l'avons pas encore lu mais ça ne saurait tardé.

 

Hélène Oppenheim Gluckman, psychiatre et psychanalyste, docteur en psychopathologie fondamentale, est membre de la Société de psychanalyse freudienne et de la Société médicale Balint, et est " leader " de Groupes Balint. Elle a publié : " Mémoire de l'absence, clinique psychanalytique des réveils de coma ", Paris, Masson, 1996 ; " La Pensée naufragée, clinique psychopathologique des patients cérébro-lésés ", Anthropos, 2006 ; et avec Daniel Oppenheim, " Héritiers de l'exil et de la Shoah, entretiens avec des petits-enfants de Juifs venus de Pologne en France ", érès, 2006.

 

  • Les premières lignes

Introduction

Pourquoi lire Sandor Ferenczi ?
Novateur, courageux, Sandor Ferenczi a introduit des idées nouvelles sur la régression, le traumatisme, le transfert et le contre-transfert, qui interrogent en profondeur la pratique de la cure. Ses textes posent des questions cliniques encore actuelles et ouvrent la voie à d'autres psychanalystes... qui n'ont pas toujours fait référence à ses apports.
Ferenczi, élève et analysant de Freud, fut longtemps un «analyste maudit», à cause de ses controverses avec Freud à partir des années 1920 et après la publication par Ernest Jones de l'histoire du mouvement psychanalytique. Pourtant, nombre de ses intuitions et de ses élaborations ont imprégné le développement de la théorie psychanalytique : l«identification à l'agresseur», ses réflexions sur le traumatisme et les effets de la violence des adultes sur les enfants, sa conception du transfert et du contre-transfert... Il a également ouvert la psychanalyse (avec Otto Rank) à la préoccupation du maternel et de l'archaïque. Il n'a pas «fait école» et il s'est toujours défendu de vouloir le faire, bien qu'un psychanalyste comme Michael Balint se situe explicitement dans sa filiation.
Ferenczi a permis, parfois sans références explicites à son oeuvre, le développement de divers courants dans la psychanalyse. L'accent mis sur le rôle de l'environnement dans la construction de la psyché, ainsi que sur le maniement de l'ici et maintenant du transfert et du contre-transfert dans le processus de la cure, a ouvert la voie aux théories centrées sur la «relation d'objet» et l'intersubjectivité; des textes comme «L'enfant mal accueilli et sa pulsion de mort», «Principe de relaxation et néocatharsis» ou d'autres encore ont anticipé la notion de «faux self». Ferenczi inventa le concept d'introjection, repris d'une part par Freud et d'autre part par Nicolas Abraham et Maria Torok dans leurs conceptions des pathologies du deuil, ainsi que celui d'«autoclivage narcissique», qui permet d'aborder les modalités de dépassement du traumatisme.
Les textes de Ferenczi témoignent d'une pensée en évolution. Il n'hésite pas à critiquer ses idées dans l'après-coup. D'abord clinicien, il a sans cesse interrogé le cadre de la cure-type, la technique psychanalytique, ses indications, avec le souci d'étendre la psychanalyse à des pathologies autres que la névrose. Ferenczi, disait Balint, était toujours en recherche, ses élaborations ne constituant pas une théorie globale comme pour d'autres analystes. «C'est toujours la cure elle-même qui lui importait, et jamais l'élaboration d'un système bien clair.» Le souci d'étendre les indications de la cure-type, l'attention portée au matériel psychique archaïque et préoedipien ont ouvert la voie aux psychothérapies pratiquées par les analystes, à la clinique de la régression et à celle des «états-limites».
Dans la nécrologie de Ferenczi, Freud écrit : «L'aspiration à guérir et aider était devenue sa préoccupation prévalente.

 

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Roland Gori "De quoi la psychanalyse est-elle le nom ?"

17 Octobre 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #livres

De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? - Démocratie et subjectivitéSortie le : 07/10/2010 – Editeur : Denoël – Collection : Médiations – Prix : 23 €

Doit-on dépister les schizophrènes dangereux comme on dépiste le diabète ? Doit-on soigner sans consentement les malades mentaux soupçonnés de présenter un danger pour eux-mêmes ou autrui ? L’imagerie médicale du cerveau dit-elle la vérité ? Devrait-on y soumettre les prévenus, les conjoints adultères et les employés soupçonnés d’indélicatesse ? Autant de questions que nos sociétés abordent par le fait divers et les émotions collectives pour ne pas avoir à y réfléchir. Face à une logique de l’audimat qui ne cesse de gagner du terrain, face à une régression sécuritaire qui atteint la vie politique, mais aussi la justice, l’école et la santé, la psychanalyse apparaît comme un antidote. Elle résiste aux nouvelles idéologies de la résignation en reconnaissant à l’humain sa dimension tragique, conflictuelle, singulière autant qu’imprévisible. Confrontés aux nouveaux cyniques qui veulent en finir avec elle et avec la culture qui en est issue, il nous importe plus que jamais de savoir de quoi la psychanalyse est le nom.

 

Le psychanalyste Roland Gori décortique « la civilisation de l’intérêt », montrant comment le capitalisme contemporain soumet le sujet à la norme et au conformisme médiatique.

De quoi la psychanalyse  est-elle le nom ?  Démocratie  et subjectivité, de Roland Gori.Editions Denoel, 2010, 300 pages, 16 euros.

 Comment peut-on encore être humain ? Humain: autrement dit cet être pas-complètement-animal doté d'une histoire, d'une vie intime, bref d' une certaine épaisseur. Face aux logiques de l’efficacité et de la rentabilité, jouer encore à l’humain est proprement irresponsable. Comme si notre époque avait le temps de s’occuper de votre subjectivité, de gérer vos oublis. Humains, il faut vous mettre à la page, notre civilisation est celle de la transparence, du calcul, du programme. Votre subjectivité lestée d’histoires individuelles et collectives n'est qu’obscurité inutile et ses défenseurs des êtres dangereux pour la transparente démocratie.

Défenseur de cet homme complexe et imprévisible, le psychanalyste serait donc le symbole d’un obscurantisme chronique et persistant ? Face à cette lecture organiciste et sécuritaire qui s’installe progressivement – mais sûrement – dans tous les domaines de la vie sociale, une riposte était attendue, celles de psychanalystes notamment.

En psychanalyste et co-initiateur d'un mouvement citoyen, Roland Gori répond. Son ouvrage analyse avec force et précision cette sournoise évolution qui veut que l’on parle davantage d’« entrepreneur de soi » ; plutôt que de « sujet ». Dépassant le simple constat catastrophé, ce livre important, enrichi de nombreuses analyses philosophiques, anthropologiques et sociologiques, propose une compréhension critique globale de ce qu’il nomme une « civilisation de l’intérêt ».

Ses valeurs ? La rationalité, l’objectivité, l’instantanéité, le mesurable, l’évidence...Ses instruments de soumission? La fabrique médiatique, l’expertise, l’évaluation, l’éloge de la norme. Mais si nul pouvoir technique et économique ne pourra véritablement supprimer le sujet, il peut néanmoins engendrer son quota de souffrance et de révolte.

La souffrance ? Dans le milieu de la santé mentale, les conséquences de cette logique normative sont désastreuses. Comme l’écrit l’auteur : « le fou, le bizarre, l’anomalique, le délirant travaillent contre leur intérêt, incarnent la tyrannie des passions et deviennent les emblèmes d’un chaos que le commerce n’aurait pas réussi à polir, à adoucir et à réguler ». En effet, quelle place accorder dans cette civilisation à celui qui s’entête à être souffrant ? Bien souvent celle d’homme dangereux, de l'anomalie sociale.

L’insoumission? C’est ce que ce livre soutient. Sa thèse est la suivante : face à cette société où règne la tyrannie de la norme, à tous ces dispositifs de chosification, la psychanalyse est un site de résistance du contingent, du hasard et de l’inattendu.

Mais elle est également un antidote à la servitude volontaire, puisqu'il n’appartient qu’à nous de quitter notre soumission aux passions tristes du conformisme et du ressentiment. Résistante aux dispositifs de subjectivation du capitalisme, rebelle, la psychanalyse permet l’instauration d'un véritable conflit démocratique.

Catherine Jourdan

 

 

Roland Gori était l'invité de Phlippe Petit dans la Fabrique de l'Humain jeudi dernier, nous vous proposons d 'écouter cette émission en cliquant sur radio

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