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Articles récents

Séminaire "groupe et psychanalyse"

9 Juin 2014 , Rédigé par laurent rompteaux

La prochaine rencontre se tiendra le Samedi 13 Septembre de 10h à 12h au csc Audrey Bartier de Wimereux (initialement prévue le 28 Juin).

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Freud et la Kulturarbeit

3 Juin 2014 , Rédigé par laurent rompteaux

LE COLLEGE INTERNATIONAL
DE PSYCHANALYSE ET D’ANTHROPOLOGIE


vous propose une
Disputatio sur la Kulturarbeit

avec
Éric Smadja


Freud et la Culture
(paru aux PUF en septembre 2013)

et
Marie-Laure Dimon
L’ombre parlée de la Kulturarbeit
Michel Brouta
Endoculturation/Enculturation
Patrice Leroux
Groupalité et Kulturarbeit



Samedi 14 juin 2014 de 14 h à 17 h


Institut de Théologie Protestant
salle 22
83, boulevard Arago, 75014 Paris
(Métro Denfert-Rochereau ou Saint-Jacques)


Inscription obligatoire en raison des places limitées
auprès de
chgiojabrunerie@cipa-association.org
ou au 06 61 16 09 60
une participation de 10 € vous sera demandée




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Mort de Jean Oury

16 Mai 2014 , Rédigé par laurent rompteaux

Cette nuit, est mort Jean Oury, dans la clinique qu’il avait fondé, La
Borde, près de Blois. Il avait 90 ans.

http://www.liberation.fr/societe/2014/05/16/mort-du-psychiatre-jean-oury-fondateur-de-la-clinique-de-la-borde_1018712

Le psychiatre et psychanalyste français Jean Oury, internationalement connu pourêtre le chef de file de la psychothérapie institutionnelle française, est mort le 15 mai au soir, dans sa clinique de La Borde, à Cour-Cheverny (Loir-et-Cher), a annoncé son élève et ami Pierre Delion, professeur de pédopsychiatrie à Lille. Il a succombé à un cancer du pancréas.

La vie de Jean Oury, né le 5 mars 1924 à La Garenne-Colombes, tend à se confondre avec son œuvre à la clinique de La Borde, un lieu qu'il avait fondé en 1953 et qu'il avait su maintenir en vie malgré toutes les difficultés.

Jean Oury n'était pas le fondateur, mais l'héritier de la psychothérapie institutionnelle. Ce courant de la psychiatrie dont il était devenu l'incarnation la plus célèbre est fondé sur une approche globale de la folie reposant sur l'idée de causalité psychique de la maladie mentale en opposition aux thèses privilégiant des causes purement physico-chimiques. Il vise à réformer l'institution asilaire en privilégiant une relation dynamique entre soignants et patients dans des lieux de soins dits « ouverts » sur le monde extérieur.

Le terme de psychothérapie institutionnelle a été employé pour la première fois en 1952 par Georges Daumezon. En France, cette approche, qui existait déjà ailleurs dans le monde, a pris son essor à partir de 1940, sous l'Occupation, à l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban (Lozère) où se retrouvèrent pêle-mêle des résistants, des malades mentaux, des réfugiés et des intellectuels de passage comme Paul Eluard ou Georges Canguilhem.

Jean Oury avait commencé sa carrière en 1947 comme interne en psychiatrie à l'hôpital de Saint-Alban. A La Borde, il avait notamment travaillé avec Félix Guattari, mort en 1992, qui avait pris en 1957 la direction administrative de la clinique. Membre de l'Ecole freudienne de Paris jusqu'à sa dissolution en 1980, Jean Oury était été analysé par Jacques Lacan pendant vingt ans. Son frère, Fernand Oury, mort en 1997, est le créateur du mouvement de la pédagogie institutionnelle.

  • Elisabeth Roudinesco
Mort de Jean Oury
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Groupe de lecture Winnicott le 14 Mai à 18h30

7 Mai 2014 , Rédigé par laurent rompteaux

La prochaine date du groupe de lecture Winnicott est le mercredi 14 Mai à 18h30 au CMP Nord de Boulogne sur mer, place Navarin.

En faisant lien avec le texte présenté précédemment "la capacité d'être seul", Marion Lang et Laurent Rompteaux vous proposeront une présentation/ discussion autour de l'ouvrage d'Adam Philips, s'inscrivant à la suite de Winnicott " 3 capacités négatives".

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Communiqué du collectif des 39

29 Avril 2014 , Rédigé par laurent rompteaux

Communiqué du Collectif des 39 du 19 avril 2014.

Police de la pensée ?

Le docteur Jean Pierre Drapier, médecin directeur du CMPP d’Orly vient de rendre publique une ingérence hautement symbolique de l’ARS d’Ile de France dans la formation continue de l’équipe qu’il dirige. Deux psychologues se voient ainsi refuser un remboursement (de 80 euros !) pour une formation en rapport avec la psychanalyse sous prétexte que la HAS aurait déclaré « non consensuelles les approches de l’autisme fondées sur la psychanalyse et la psychothérapie institutionnelle ».

Nous avions à l’époque déjà pris position contre cette décision de la HAS et lancé en clôture des Assises de la psychiatrie et du médicosocial, HYPERLINK "http://www.hospitalite-autistes.org/spip.php?article1" « l’appel des 1000 » qui a recueilli 8000 signataires à ce jour . Cet appel critiquait vivement une telle fermeture du débat dans les pratiques et réclamait une autre politique à l’égard des personnes souffrant d’autisme. Nous nous inquiétions déjà d’une mise en acte de telles recommandations dans les formations des soignants de tous métiers, et très tôt nous avons pu constater que ces recommandations se transformaient très vite en interdictions.

Nous récusons une volonté de formatage des formations et des pratiques qu’il faudrait indexer à des référentiels HAS, ce qui est en train de s’officialiser dans le Développement Professionnel Continu, et qui s’attaque à ce qui fait la richesse des métiers : la nécessaire diversité des approches théoriques, la possibilité de controverses qui par définition ne seront jamais consensuelles !

Nous appelons à la mobilisation contre un tel formatage où serait prescrite une pensée officielle et homogénéisée aux conséquences redoutables sur les pratiques soignantes.

Nous voulons aussi insister sur le fait que ces prises de position de la HAS s’attaquent aujourd’hui à la question complexe de l’autisme, mais promettent le même réductionnisme à l’égard de l’ensemble des pathologies qu’il s’agirait de rabattre sur un trouble neurologique, en écartant toute recherche de sens dans l’abord psychopathologique. Une telle négation de l'inconscient, l'ignorance de l'apport des processus transférentiels dans les thérapeutiques, sont une véritable insulte à la culture soignante, une entreprise révisionniste à l'œuvre contre la psychiatrie française et son histoire. La diversité des approches thérapeutiques ne peut être balayée et nous refusons que les soins soient réduits à des techniques instrumentales.

Des conférences ont été déjà interdites, des colloques se voient refuser leur agrément, des soignants ne peuvent s’inscrire dans le cadre de la formation continue à des journées de formation, dès lors qu’elles ne s’inscrivent pas dans les orientations « stratégiques » des pôles ou des Directions des soins. Ce qui se met actuellement en place, ne touche pas que les formations se référant à la psychanalyse ou à la psychothérapie institutionnelle, mais toutes les formations qui ne rentrent pas dans le cadre des protocoles

Cette « police de la pensée » est d’autant plus inquiétante qu’elle se couple à une réduction des moyens que l’on nous annonce chaque jour plus grave : aux dernières nouvelles 23 milliards en 3 ans sur la santé et la protection sociale !

Accepter aujourd’hui cette attaque sur une formation à Orly, c’est accepter l’instauration d’une censure et d’une autocensure généralisées pour tous les professionnels du soin psychique, et accepter également une réduction de la qualité de l’offre d’accueil et de soins.

Nous appelons donc tous les professionnels de tous métiers, tous les collectifs de soin, mais aussi les patients et les familles à se mobiliser contre cette décision provocatrice de l’ARS d’Ile de France, et à tenir bon sur l’aspect pluridimensionnel des approches en refusant le formatage et le réductionnisme.

Communiqué du Collectif des 39 du 19 avril 2014.

Police de la pensée ?

Le docteur Jean Pierre Drapier, médecin directeur du CMPP d’Orly vient de rendre publique une ingérence hautement symbolique de l’ARS d’Ile de France dans la formation continue de l’équipe qu’il dirige. Deux psychologues se voient ainsi refuser un remboursement (de 80 euros !) pour une formation en rapport avec la psychanalyse sous prétexte que la HAS aurait déclaré « non consensuelles les approches de l’autisme fondées sur la psychanalyse et la psychothérapie institutionnelle ».

Nous avions à l’époque déjà pris position contre cette décision de la HAS et lancé en clôture des Assises de la psychiatrie et du médicosocial, HYPERLINK "http://www.hospitalite-autistes.org/spip.php?article1" « l’appel des 1000 » qui a recueilli 8000 signataires à ce jour . Cet appel critiquait vivement une telle fermeture du débat dans les pratiques et réclamait une autre politique à l’égard des personnes souffrant d’autisme. Nous nous inquiétions déjà d’une mise en acte de telles recommandations dans les formations des soignants de tous métiers, et très tôt nous avons pu constater que ces recommandations se transformaient très vite en interdictions.

Nous récusons une volonté de formatage des formations et des pratiques qu’il faudrait indexer à des référentiels HAS, ce qui est en train de s’officialiser dans le Développement Professionnel Continu, et qui s’attaque à ce qui fait la richesse des métiers : la nécessaire diversité des approches théoriques, la possibilité de controverses qui par définition ne seront jamais consensuelles !

Nous appelons à la mobilisation contre un tel formatage où serait prescrite une pensée officielle et homogénéisée aux conséquences redoutables sur les pratiques soignantes.

Nous voulons aussi insister sur le fait que ces prises de position de la HAS s’attaquent aujourd’hui à la question complexe de l’autisme, mais promettent le même réductionnisme à l’égard de l’ensemble des pathologies qu’il s’agirait de rabattre sur un trouble neurologique, en écartant toute recherche de sens dans l’abord psychopathologique. Une telle négation de l'inconscient, l'ignorance de l'apport des processus transférentiels dans les thérapeutiques, sont une véritable insulte à la culture soignante, une entreprise révisionniste à l'œuvre contre la psychiatrie française et son histoire. La diversité des approches thérapeutiques ne peut être balayée et nous refusons que les soins soient réduits à des techniques instrumentales.

Des conférences ont été déjà interdites, des colloques se voient refuser leur agrément, des soignants ne peuvent s’inscrire dans le cadre de la formation continue à des journées de formation, dès lors qu’elles ne s’inscrivent pas dans les orientations « stratégiques » des pôles ou des Directions des soins. Ce qui se met actuellement en place, ne touche pas que les formations se référant à la psychanalyse ou à la psychothérapie institutionnelle, mais toutes les formations qui ne rentrent pas dans le cadre des protocoles

Cette « police de la pensée » est d’autant plus inquiétante qu’elle se couple à une réduction des moyens que l’on nous annonce chaque jour plus grave : aux dernières nouvelles 23 milliards en 3 ans sur la santé et la protection sociale !

Accepter aujourd’hui cette attaque sur une formation à Orly, c’est accepter l’instauration d’une censure et d’une autocensure généralisées pour tous les professionnels du soin psychique, et accepter également une réduction de la qualité de l’offre d’accueil et de soins.

Nous appelons donc tous les professionnels de tous métiers, tous les collectifs de soin, mais aussi les patients et les familles à se mobiliser contre cette décision provocatrice de l’ARS d’Ile de France, et à tenir bon sur l’aspect pluridimensionnel des approches en refusant le formatage et le réductionnisme.

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Invitation du CIPA

31 Mars 2014 , Rédigé par laurent rompteaux

Le Collège International de Psychanalyse et d’Anthropologie

vous propose une rencontre autour du dernier ouvrage de

Louis Moreau de Bellaing

LA GENESE DE LA POLITIQUE

qui sera présenté par

Michel Brouta

Marie-Laure Dimon

Christine Gioja-Brunerie

Le Jeudi 3 avril à 20h30

à la Terrasse de Gutenberg

9 rue Emilio Castelar
75012 Paris ( métro Ledru-Rolin)

Tel : 01.43.07.42.15

Ce dernier ouvrage s’inscrit dans une série (La Légitimation, La Fonction du libre arbitre, Le don et l’échange, Le pouvoir, L’accès au social) qui envisage globalement la question de la légitimation et de la légitimité sociales et politiques (au sens du politique). La politique apparaît ici, non en position de supériorité, de suprématie, mais d’écart, de distance maximale par rapport au politique, au social et à l’économique. L’auteur s’efforce de montrer comment, à travers des processus et états de légitimation et de légitimité continus et discontinus, nous la mettons toujours en place comme légitimation et légitimité politique (au sens de la politique). Constamment il rappelle les excès accomplis par excès ou par défaut auxquels les différents types de légitimation et de légitimité sont exposés par ceux et celles, groupes et individus, qui les transgressent.

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Nouvel article de Roger Dadoun "Halluciner"

28 Mars 2014 , Rédigé par laurent rompteaux

Merci à lui de nous envoyer ses articles à partager.

Imagination morte – hallucinez …

Roms, fric et charisme

Roger Dadoun

Aucun vivant animé n’est banni de la cité harmonieuse

Péguy, pour l’établissement de la République socialiste universelle, Jeanne d’Arc, 1897

Le “si” conditionnel - et son compère “comme si” qui est bon à tout faire - permet d’ouvrir ad libitum l’éventail des hypothèses et spéculations qui s’entendent à manipuler, transfigurer ou défigurer le réel. En ai-je, dans la présente chronique susnommée en haut de page “SI TU T’IMAGINES…”, usé, abusé, mésusé - médusant plus d’un lecteur ? La question demeure: où en est et où nous mène aujourd’hui l’imagination, flottante et tribulante faculté de l’âme ? Avec son Imagination morte imaginez (1965), Beckett en avait articulé l’aphanisis (extinction du désir). Porté par un autan chaud, le collectif-masse soixant-huitard affichait et revendiquait à grands cris une “imagination au pouvoir” (1968). On eut tôt fait de rendre les armes, baisser pavillon, se mettre en crise (en crise, déjà, tiens ? elle est bien bonne, celle-là!) - les plus verbeux et imaginatifs “militants” se précipitant pour occuper les plus bons postes, nullement imaginaires, ceux-là; quelques-uns y traînent encore, collet monté sur poil follet. Le tant disgracieux pouvoir, derviche tourneur de têtes et de vestes, a mis le grappin sur l’imagination, pour s’en repaître, la piller, la dévorer, tel Chronos ses enfants (un Goya au pouvoir: l’hallucinant Saturno devorando a un hijo). L’imagination au bestiaire – tel est l’“état des lieux”: le monstre à deux têtes politique/médias en a fait et en fait, avec frénésie, à la folie, en un délirium bien gros (“ils sont fous”, dit-on un peu partout), son plus fragrant et salivant chewing-gum.

Si (sic) donc il conviendrait de “recadrer” [sic – c’est le mot (d’ordre) du jour, politiquement mercantilement éthiquement correct, bon à tout faire toutes catégories: admonester, réprimander, corriger, rectifier, rappeler à l’ordre, tirer les n’oreilles, botter les fesses, envoyer au trou], pour donc “recadrer” cette imaginante chronique, sans pour autant, quitte à radoter, la laisser en rade, on pourrait se contenter de lui substituer ou simplement de la doubler d’un autre “si” qui brandirait à bout portant le verbe “halluciner”: “SI J’HALLUCINE …”. Il suffit pour cela de freiner, de mettre en suspens images et paroles, car, pour ce qui est d’halluciner, par nos temps qui foncent et se défoncent, c’est pléthore, submersion, tsunami. Effet désastre, effet catastrophe, effet mortifère produit par les proliférants flux envahissants des médias – toutes chaînes déchaînées – qui se goinfrent et du temps et de l’espace et de toutes formes et figures et structures humaines. Trafiqué, malmené, mitraillé, mutilé en tous sens, le réel voit sa substance, si fragile, si aléatoire et si obstinée pourtant, se dégrader, se contorsionner tel un ver saucissonné. Le réel en télé, la télé-réalité : un aboli bibelot d’inanité sonore. Le réel emporté, chaviré dans un procès de déréalisation – c’ est là l’hallucination: production et persévération du travail tourmenté de la naissante âme enfantine confrontée à l’implacable réalité, et multipliant doubles, semblants, sosies, flasches, clones, reflets, mirages, chimères, pour éviter de n’être soumis qu’au blanc (sein) et broyer du noir. J’avais tenté, dans un article publié dans la revue de psychanalyse Le Coq-Héron (n°211, déc. 2012, Cinéma et psychanalyse), sous le titre “Halluciner dans l’inframince”, de décrire un processus de ce genre, en me référant, entre autres, à Marcel Duchamp, créateur et praticien-artiste de l’“inframince”, et à Henri Michaux, passager mal-respirant de l’”extrême-minceur”. Les quelques exemples ici proposés, elliptiques, resssortissent à ce même mouvement de glissement, d’affaissement, d’effacement, d’aphanisis, qui fait passer du réel à l’hallucination - à l’enseigne, cette fois, toutes minceur, finesse et sveltesse étant mises à l’écart , d’un : “Halluciner dans l’extragros”.

Cher Vladimir” !

Du gros extra nous parvient au galop avec le volontariste et réjoui propos d’un ancien premier ministre (Fillon) de l’ex-président de la République française (Sarkozy) qui, s’étant aventuré, sur invitation (?) jusque dans Moscou, et s’adressant à un auditoire de journalistes et notables de la nomenklatura russe, se tourne en légère et lubrifiante révérence vers le tout-puissant Chef Poutine, peinardement assis à la tribune, pour lui mignoter cette fleur : “mon cher Vladimir”. Hallucinant, non ? Non pas tant pour la raison invoquée par nombre de critiques qui reprochent à l’ex-ministre et futur candidat à telle haute fonction de l’Etat d’avoir manqué aux règles élémentaires qui consistent à s’abstenir de critiquer à l’étranger un Chef d’Etat français (Hollande pour sa position sur le conflit syrien, en liaison avec l’utilisation par le dictatueur d’armes chimiques contre la population) - ce pourrait n’être là que gaffe à mèche d’ado, coup de jarnac, vantardise politicaillante, compensation d’échecs, régurgitation de couleuvres avalées, pimpante entrée en “Cour des Grands”, etc.

Cette familiarité pronominale inattendue et insolite a une tout autre portée. Outre que Poutine est dédouané pour son soutien continu (livraison d’armes en tous genres) à la politique d’extermination (plus de cent mille victimes et deux millions de “déplacés”) du sinistre Syrien - il se retrouve valorisé, oint - oui oint - pour sa propre politique totalitaire et répressive, nationale et planétaire. Le Poutine réel s’estompe, s’efface – ni vu ni connu, l’inique et opaque autocrate de toutes les Russies ! S’opère, en toute affabilité, le glissement d’un Poutine historique et politique - patron du KGB, auteur et acteur impitoyable des pratiques (staliniennes soft, si la chose est pensable) de violence, oppression, persécution, exploitation mercantile - à l’hôte Poutine bienséant, convivial, familier, bonhomme même… Ô l’hallu, cette figure fantasmée croquée par ce simple mot, effarant, hallucinatoire: “cher”!

“Faire du fric”

Comme son nom l’indique, une “conférence” confère. Désignant la rencontre au sommet de Chefs d’Etat, elle confère une “sommitude”: les “politologues”, anticipant a posteriori, prétendent y décrypter les destinées de la planète. Vous faites, vous (professeurs, chercheurs, gens de lettres et de savoir, etc.), assidûment, quelques conférences – vous voici alors conférés, inscrits dans la confrérie ou la confédération des conférés: vont vers vous applaudissements, titres, notoriété, honoris causa – et argent, le bel et soudain noble argent, intellectuel, culturel, esthétique, esthète, souvent exempt d’impôts. Or voici qu’à la semblance de tas d’autres choses et machins dont se gargarisent et s’empiffrent les médias, la conférence elle-même (qui s’entendait objectivement comme connaissance, érudition, argumentation, avec raisonnables rémunéraions, sophistes mis à part) entre en lice, entre en glisse. Elle tire vers le bas, elle se donne une allure, une dégaine de machine à sous. Y a du jackpot dans l’air, toujours gagnant.

L’ex-président Sarkozy en a livré tout d’ego la tranchante formule, et en a cumulativement illustré la pratique: “faire du fric”. Honoraires ou primes de 100.000 à 200.000 dollars, pour une ou deux heures de “causerie”. Stupéfiant paradoxe de l’argent, la plus réaliste, fluide et universelle des substances: nommé exalté primé par un ex-président, le “fric”, puissance hiérarchique suprême, devient, au plan de l’hallucination, avec jeux de miroir, un matériau également partagé par tous – politiciens palabrant, banquiers capitalisant, journalistes commérant, pauvres suppliant, misérables s’ébahissant… Posture hallucinatoire de l’acteur-politicien-conférent, combinant ensemble dépréciation et défection (“déconstruction”) de la fonction présidentielle et vision âprement désirante du fric (il court après, comme dans un rêve, sans jamais l’atteindre en son entièreté fantasmatique – l’argent, c’est impossible! ). En regard, nous tous, témoins, observateurs et patients, en position hallucinée devant cette forme de vidange de la pratique conférencière qui traite en quantité négligeable autant la substance cognitive nécessaire requise (si savoir il y a, comment advient-il et parvient-il aux écoutants en son entièreté fantasmatique?) que la miroitante et fanfaronne “culture des résultats” (comment les évaluer et par qui ?). Au final, tous hallumés ?

« Piller la France »

Se déplie présentement sous nos yeux, en pathétiques, ubuesques, troubles et piteux éclats, une hallucination exemplaire – peut-être même l’hallucination par excellence, si l’on ose dire, celle que suscite, qui s’élabore et s’institue autour de la figure de l’autre, de l’étranger : hallucination focalisée sur les Roms. [ Plus fondamentalement, pour le dire en passant, le dire et le redire et le clamer sur tous les tons, sont aussi perçus comme étrangers, à la fois hallucinatoirement et organiquement : la femme, l’enfant]. Un ministre « socialiste » prétend, excipant de quelques pièces rapportées, que les dits « Roms » n’ont pas « vocation » à s’intégrer à l’ethnie française (il nous faut recourir au langage de l’ethnologie, vu l’archaïsme de pareille position) - pas plus que « la France » n’a « vocation », elle, à accueillir « toute la misère du monde » (piteux propos, rhétorique, irréaliste, hallucinatoire, qui ne cesse de tirer sous les pieds crevés des migrants et émigrants les miteux tapis de l’expulsion).

Laissons là toutes ces « vocations » qui ne sont que flous clichés pour ressassé bestiaire idéologique, et relevons ce qui peut figurer comme la pointe extrême de la vision hallucinatoire des Roms : les Roms pilleurs pillant. La presse, imprimée et numérique, nous informe. Un juge toulousain se défonce face à quatre tziganes qui comparaissent pour vol de cuivre d’un transformateur - et brandit illico presto la rengaine « France » : «la France en a assez des vols commis par les Roms ». Un ton plus haut fait saillir l’hallucinant propos : "Pensez-vous que nous allons vous laisser piller la France ainsi ?". Piller la France ! ainsi ! Il ne suffit donc pas que les Roms soient « sales » (auraient-ils avalé, malins, d’inexistantes conduites d’eau ?), qu’ils soient « voleurs » (la plus commune rumeur : telle est leur « culture », telle leur « vocation » - encore qu’ils soient plus portés sur le plomb, le cuivre et le fil de fer que sur ors et argenteries, spécialités des voleurs de souche ou « intégrés »). Il est au principe de l’hallucination de forcer le trait (dès lors que, régnante imagerie, elle expulse le réel), de procéder par entités humaines homogènes et communautaires (dès lors que les unités individuelles se fondent, fusionnent en « idéal-type » d’une collectivité), de mobiliser histoire et légendes, confondues (servant d’aliment, référence et caution) : ainsi se compose, s’impose et s’entretient l’image fantastique (fantasmatique) du Rom pilleur. De l’hallu à délirante échelle, en voici : quelques milliers d’hommes, le plus souvent démunis, dispersés chaotiquement à travers un territoire, exposés au regard répulsif et au mépris des « majorités compactes » (Freud), sous surveillance constante, se transforment en hordes d’Attila qui se jettent sur la Gaule (« la France ») comme la faim sur le monde (ne volent-ils pas le pain de la bouche ?) - et « pillent ». Ne sont-ce pas avec ces Attila-là, ô misère, que se fabriquent drues années de prison et farfelus et affolants sondages ?

« Charisme »

Là où les hallus alléluisent, c’est dans la fabrication des icônes et la crétinisation des foules – « les foules hallucinées », dirait un Verhaeren trémulant poète des Campagnes hallucinées (il nous faut entendre ici : « campagnes de pub », « campagnes électorales », et autres vagues médiatiques), des Villages illusoires, des Villes tentaculaires. Sport et télé, en fringante et obscène copulation, sont à la fête, toute éthique laminée. Si tu t’imagines – non, si tu hallucines, voici, s’affichant ou hurlant : un sein pointé, un but marqué, et c’est « stars » et « héros » qui déboulent. Quel audimateux, même pas voyeur ni supporter, ne serait pas tourneboulé ? A fortiori quand l’Elysée se met de la partie et s’éclate d’enthousiasme. L’équipe de France de baskett vient de remporter le championnat d’Europe. Historique ! Elle est reçue par le président de la République, avant d’aller festoyer en boîte Champs-Elysées. Calculons, sans parenthèses, qu’une année de « fric » perçu par tel ou tel basketteur vedette suffirait à « accueillir » et héberger de façon décente tous les Roms de France, et quelques sdf en prime. « Compétitivité », style marketing (du mercato) : l’or du ballon rond contre les ors de la République ? Les joueurs, accueillis en champions, ne pouvaient pas ne pas être perçus en millionnaires. Le Palais républicain honore des « héros » riches – et en retour le faste élyséen leur en met plein la vue. Match nul ? Tous comptes faits (ne jamais cesser de faire et de rendre les comptes !), une élection vaut-elle ou non autant sinon plus qu’un « panier » réussi? Fric comme de coutume refoulé, il fut question à un moment de « charisme » présidentiel. Typique vaseuse question télé pour un champion. La palme alla à l’ex-, Sarkozy, aux dépens de l’actuel, Hollande. Ainsi s’émoustilla-t-on, à gogo, de « charisme » médiatique - qu’en un temps pas si lointain l’on se plut à nommer ethnologiquement « mana ». Qu’il revienne à la mode, sur parquets ou moquettes sportivo-présidentiels, et nous voici à nouveau roulés dans les farines du magique et de l’empathique. A pareil « charisme » façonné médias, sieraient, imaginons ça, de l’Elysée les fastueuses toilettes ? Ou halluciné-je ?

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Lettre du collectif des 39

23 Mars 2014 , Rédigé par laurent rompteaux

Bonjour à tous,

Le député Robiliard a mené pendant quelque mois une concertation intense pour écrire et publier un rapport sur la psychiatrie qui devrait être le support d'éventuelles réformes à venir de notre discipline

Vous trouverez l'intégralité de ce rapport en cliquant sur le lien suivant : Le rapport Robiliard <http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i1662.asp>

Le collectif des 39 a longuement travaillé pour analyser ce rapport et en a profité pour écrire un mémorandum à même de constituer une base de travail pour une grande loi sur la psychiatrie que tous les professionnels attendent et demandent depuis longtemps:

L’accueil et les soins aux personnes souffrant de difficultés psychiques, de pathologies mentales, n’ont cessé de se dégrader depuis près d’une vingtaine d’années.
Déjà voilà dix ans, des États généraux de la psychiatrie avaient réuni -fait rarissime- toutes les organisations professionnelles et scientifiques pour alerter le gouvernement de l’époque en demandant 22 mesures d’urgence. En vain.
Depuis, des dérives, des carences graves ont été maintes fois dénoncées par des associations de patients et de familles ainsi que par des professionnels, tant au niveau des droits de l’homme qu’à celui de l’insuffisance et de la qualité des réponses aux demandes de soins.
Dans ce contexte catastrophique, certains professionnels ont fait miroiter des « avancées scientifiques » pour répondre au désarroi des patients et des familles : la fascination pour la science face à l’énigme de la folie est le meilleur anesthésiant, tant pour les politiques que pour une opinion inquiète.
Enfin, face à la montée des incertitudes sociales et des peurs de « l’autre », le précédent président de la République s’est emparé d’un dramatique fait divers pour désigner les malades mentaux comme de potentiels criminels.

C’est dans ce contexte que s’est constitué le Collectif des 39. Réunissant des professionnels, qu’ont rejoint des patients et des familles, le Collectif des 39 s’est d’abord opposé au tournant sécuritaire, qui s’est traduit par une modification de la loi sur les hospitalisations sans consentement de 1990 : la nouvelle loi visait à transformer la psychiatrie, dispositif de soins au service des patients, en un dispositif essentiellement centré sur des missions de contrôle social et de normalisation des comportements et des populations.
Le Collectif des 39, rejetant la banalisation de pratiques inacceptables, s’est mobilisé pour soutenir des démarches de soins et d’accueil autour de la notion d’hospitalité.

Notre action a toujours reposé sur une conception éthique associant :
• Une conception de la folie et de la psychiatrie, dont l’objet est de soigner des personnes en souffrance et non de se limiter à traiter des symptômes.
• Les moyens humains et financiers nécessaires pour mettre en œuvre une telle conception de la psychiatrie.
• Des formations permettant aux soignants de développer une telle conception du soin.

Le mémorandum <http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=7142> du collectif des 39 pour une refondation de la psychiatrie.

Par ailleurs, issu des assises organisées par les "39" au mois de juin, un groupe de familles , qui se dénomme «le fil conducteur», a rédigé un manifeste que vous trouverez également ci joint. Ce manifeste constitue une formidable base de travail qui nous permet d' avancer dans notre projet : la constitution de ce mouvement citoyen comprenant des professionnels de la psychiatrie, des familles, des patients, des personnes concernées .

Pour une refondation de la psychiatrie et de l’accueil de la folie dans notre société dans la perspective de la loi de la Santé publique, pour une psychiatrie humaine.

Le « Fil conducteur » est un espace de parole émanant de l’atelier Familles des Assises citoyennes pour l’hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social, qui ont eu lieu les 31 mai et 1er juin dernier, organisées par le Collectif des 39. Cet espace réunit des parents ou familles de jeunes adultes hospitalisés en psychiatrie, des patients et des soignants, tous concernés par la place des familles dans l’accompagnement et la prise en charge de la personne malade.

Le Fil conducteur est un groupe de réflexion qui a pour objectif d’élaborer des propositions à faire valoir auprès des responsables de la Santé. Rassemblés et unis par une expérience douloureuse basée sur un vécu semblable, tous ont la volonté de faire bouger et changer des dysfonctionnements criants et insupportables. Inventer ensemble autour des questions de l’accompagnement, de l’accueil, du soin, du suivi. Familles, patients, soignants, avec cependant des positions différentes, nous tenons à faire œuvre commune pour formuler ce que nous entendons par « soins en psychiatrie ».

Le manifeste <http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=7149>

Le collectif des 39

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