Comment apprendre à reconnaître la « cruauté », à la déchiffrer, à saisir son universalité, sa permanence ? Où commence et où s’arrête la cruauté ? Une éthique, un droit, une politique peuvent-ils
y mettre fin ? Qu’est-ce que la psychanalyse aurait à nous dire à son sujet ? Ces questions étaient celles du philosophe Jacques Derrida et elles étaient aussi celles de la psychanalyste Nathalie
Zaltzman récemment disparue. Elles sont également celles du psychiatre et psychanalyste lillois
Jean Coorendans son premier livre « L’ordinaire de la cruauté » qui tente de nous faire
percevoir ce qui engendre la cruauté dans la vie quotidienne autant que dans nos rêves ou symptômes. On pourrait dire de la cruauté, qu’elle se tient, comme le malheur, ou la malédiction, aux
limites de l’inconnaissable, à l’extrême limite de ce qui peut être su, et qu’à ce titre, il est vraiment difficile de savoir où elle commence et où elle s’arrête. Freud qui eut plus d’une fois
recourt à ce mot, le réinscrit dans une logique psychanalytique de pulsions destructrices indissociables de la pulsion de mort. Jean Cooren revient comme il se doit sur les figures historiques de
la cruauté, aussi vieilles et sans doute plus vieilles que l’homme. Il fait droit à cette cruauté qui n’aurait pas de contraire, et serait comme le mal, chez Kant, une grandeur négative. Mais c’est
avant tout en praticien, en lecteur de Faulkner, de Saramago, de Blanchot, en admirateur de Wilfred Ruprecht Bion (1897-1979), qu’il déplisse et écrit pour nous le roman de la cruauté… C’est à
partir d’une certaine idée de la psychanalyse, du transfert, de « la foi » analytique, qu’il en déchiffre l’écriture…
Nous l’avons invité pour qu’il nous aide à la décrypter…
C'est la présentation du premier ouvrage du psychanalyste lillois Jean Cooren qui était invité sur France Culture, vous pouvez écouter l'émission ou la podcaster jusqu'au 26/11 en cliquant sur le
lien ci-dessous, après l'émission sera classée dans les archives
émissionavec Jean Cooren