"Pourquoi le cauchemar" Elisabeth Pradoura
29 Mai 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #livres
Contrairement au rêve et au sommeil, le cauchemar
a très peu fait l'objet d'études, cependant nombre de patients viennent nous les raconter avec beaucoup d'émotions. Qu'est ce qui a pu éloigner les psychanalystes de cette étude, que peut'on dire
de ces cauchemars si on veut bien s'y inérésser. Voilà le sujet de cette recherche menée par l'auteur, son ouvrage s'articule en 2 parties ; tout d'abord une relecture de l'oeuvre freudienne et
de la littérature psychanalytique afin de comprendre pourquoi cet absence de recherche, puis une étude clinique auprès des patients.
Cette première partie est très intéréssante, Freud parle du cauchemar "Alptraum" pour l'écarter aussi vite, se concentrant sur l'interprétation des rêves, reléguant le cauchemar à "rêve d'angoisse". Jones, son fidèle disciple, s'y attèle, pour lui "Refoulement, féminin, bisexualité sont les coordonnées du cauchemar", cependant dans ses écrits, il n'y a pas de récit de cauchemars !
Difficile de parler du cauchemar tant il semble échapper, pourtant il semble bien être un moment structurant pour l'enfant à l'instar du monstre tel qu'en parle Virginie Martin-Lavaud.
Finalement cette recherche à travers la littérature psychanalytique mène à l'angoisse face à un objet énigmatique (Lacan).
La seconde partie, part de la parole des patients sur le cauchemar, et l'auteur s'interroge dans un premier temps sur le réveil "signature du cauchemar" mais elle aborde aussi diverses questions intéréssantes telles que le cri et l'impossibilité ressentie de se mouvoir ou plutôt devrais-je dire l'impuissance.
Voilà un ouvrage riche, qui rejoins également la clinique infantile décrite par Virginie Martin-Lavaud dans son livre sur le monstre, leur point commun est la question de la mise en forme face à ce qui peut surgir d'énigmatique.