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Conférence du 12 Mars "Sous les effets de la crise éco :l'homme

28 Février 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences


Nous sommes fiers de vous proposer une nouvelle conférence le Vendredi 12 Mars 2010 à 20h30, entrée libre et gratuite, elle s'intitule "Sous les effets de la crise économique : l'homme".

Au départ de notre réflexion, il y a la volonté commune avec le centre socio-culturel Audrey bartier de Wimereux (62) de réfléchir avec vous tous à ce que cette crise qui a occuppé tout l'espace médiatique il ya quelques mois vient dire du fonctionnement de notre société et comment tout un chacun peut s' inscrire dans le social.

Dans le même temps, tous les observateurs notent  une augmentation de l'inquiétude au sein de la population ainsi que la fréquence de certaines souffrances psychiques.

La vision de l'homme économique, actuellemnt dominante et que l'on veut nous imposer suscite heureusement des résistances, je pense à www.appeldesappels.org où travailleurs sociaux, psy, magistrats, enseignants, chercheurs, artistes, dénoncent la casse de leur travail au nom d'une logique et une idéologie économique.

Nous sommes tous concernés dans nos professions mais aussi dans nos vies quotidiennes. cela pose de multiples questions sur les changements qui sont en train d'intervenir dans nos vies, sur leurs impacts et notre manière de vivre ensemble.

Y penser, y réfléchir, ne pas être dupe sont autant de manière de comprendre et de résister à cette violence qui touche d'abord les plus fragiles d'entre nous et qui se faufile dans nos pratiques et nos vies quotidiennes;

Pour ce faire, nous aurons 2 invités;

Laurent Cordonnier

0584
économiste
, chercheur au Clersé (CNRS). Il enseigne à la Faculté des sciences économiques et sociales de Lille 1 ainsi qu’à l’institut d’études politiques de Lille. Ses recherches portent sur la croissance, la répartition et l'emploi, dans le cadre du capitalisme financiarisé. Il a publié Pas de pitié pour les gueux, en 2000, chez Raison d’agir (régulièrement réédité depuis), et va faire paraître, en mars 2010, chez le même éditeur : L’économie des Toambapiks, une fable sur le capitalisme financier. Il collabore régulièrement au Monde Diplomatique.

gueux
Il interviendra sur: "La grande solitude de l'homme économique". étudiant la frontière entre les transformations intervenues ces trente dernières années (à la fois dans les structures économiques et dans la pensée économique) et le destin des personnes,




Domique Reniers : docteur en psychologie, psychanalyste, responsable de l’enseignement de la psychopathologie à l’Institut Catholique de Lille. auteur d’articles dans la revue Institutions, Cahiers du Centre d’Etudes Pathoanalytiques, ouvrage « Réel et réalité » sous la direction de Patrick Martin









Il interviendra sur "Plus... Toujours plus de ce qu'on n'a déjà plus L'économie désirante aujourd'hui"

            Le lien social contemporain est dominé d'une part par la technoscience qui s'applique à fabriquer des objets directement liés à la réalité quotidienne, celle de chacun, et d'autre part par une logique de marché qui exploite la structure manquante du sujet pour entretenir l'idée que la technique possède aujourd'hui les moyens de la combler. Ne manquer de rien, quoi de plus légitime apparemment ?...

            Ce n'est certainement pas une insuffisance des progrès technoscientistes qui justifiera ce fait d'observation courante : rien n'est suffisamment comme il faut. L'insatisfaction demeure envers et malgré cette politique de comblement forcené du manque. C'est qu'à l'image du cadeau que l'enfant reçoit enfin, l'objet de jouissance s'éclipse dès le moment où il en vient à être obtenu

            C'est peut-être là, dans cette grossière insatisfaction qui persiste dans un monde où la logique du plein règne en maîtresse, que le dialogue peut s'ouvrir entre la clinique psychologique et l'économie.















Lieu Centre socio-culturel Audrey Bartier de Wimereux (62) 20h30

Entrée libre et gratuite

Renseignements au 0632165280


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Psychanalyse et politique, sujet et citoyen : incompatibilités ?

27 Février 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #livres

Cet ouvrage retrace une des rencontres-débat du CIPA (lien ajouté à psychanalyse et anthropologie). C'est un recueil d'interventions et pour certaines de très haute qualité. Le sociologue Louis Moreau de Bellaing interroge dans un premier temps les notions de sujet, citoyen et de démocratie, il tente des définitions "Nous appelons individu social ce double bord du sujet, celui qui reçoit et celui qui rend. Nous appelons sujet celui qui mixte, qui fait la combinaison irréductible à tout autre".

 Les psy ayant une approche groupale seront agréablement surpris de la qualité des réflexions qui parcourent cet ouvrage, par exemple , presque au détour d'une phrase Jean Peuch-Lestrade écrit " Asymétrie fondamentale du sujet et de l'objet chez Freud contrairement à Ferenczi qui cherche à les prendre en compte de manière complémentaire. Une des causes des problèmes des psychanalystes avec l'intersubjectivité et la question groupale se trouve peut être là."

Viennent ensuite 3 textes de grande qualité. Tout d'abord celui de Marie-Laure Dimon qui interroge la place de la folie comme "radicale singularité de l'humain" dans la démocratie actuelle qui ne s'intérésse plus qu'au chiffre, à la masse. Ainsi la folie se fond de plus en plus dans le social.

Puis autre texte fort celui d'Olivier Douville qui reprend son questionnement sur la mélancolisation du lien social. L'auteur plaide pour une rencontre interdisciplinaire pour comprendre les "nouvelles lignes de socialisations et de subjectivations". Olivier Douville part de la clinique des professionnels qui travaillent sur des situations de migrations, d'errance, d'exil et d'exclusion qui amènent à penser le sujet "moderne". L'approche psychanalytique rend toute sa place au symptôme qui ouvre pour le sujet parfois sa seule liberté face à une place assignée dans l'histoire.
Et ce sont de nombreuses pistes de réflexion et de travail que nous livre ainsi l'auteur, par exemple quand il écrit " que le sujet ne puisse être privé de sa parole et de sa demande, mais qu'il ne puisse non plus rester enfermé dans sa parole et sa demande."

Il resitue la place du corps dans la pratique comme point d'ancrage chez les exclus. Nous rappelle de nous méfier du réel de la cruauté sociale.

Les questions posées sont particulièrement fortes et nous interpellent "Le psychisme semble un luxe, un "en trop". Le psychisme sert 'il encore à quoi que ce soit lorsque la relation à autrui ne sert plus à rien ?".

Après cette intervention d'une grande force, en voici une autre, magistrale, qui mériterait un développement au sein d'un ouvrage particulier. Il est rare de lire un texte d'une telle force, d'un tel engagement. Il est signé par Emmanuel Diet qui ose s'engager, prendre position.

Tenez dès les premières lignes " La naïveté politique et l'aveuglement idéologique de beaucoup d'analystes n'ayant jamais interrogé leurs appartenances de classe et  l'inscription de leur pratique dans la contextualité sociale, a souvent conduit, sous prétexte de pureté théorique, à une méconnaissance dramatique de l'inscription historique de la subjectivation au nom de l'intemporalité de l'inconscient et de la centration sur l'intrapsychique".

Voilà le ton est donné, les choses posées, Emmanuel Diet en esprit libre ose !

Plus loin par exemple il s'attarde sur l'adjectif "nouveau", comme dans "nouvelles thérapies" pour mieux en pointer "la bêtise, la nullité et l'arrogance hypermoderne".

Evidemment son texte vous l'aurez compris me parle fortement comme lorsqu'il s'attaque à l'impérialisme force de déculturation, oui parler de "produits culturels" à la place d'oeuvre à quelque chose de répugnant.

L'auteur dénonce avec intelligence la perversion hypermoderne et ses effets destructeurs sur le Sujet et sur nos pratiques ( l'attaque de la pensée dans nombre d'institutions).

Il est temps pour les praticiens que nous sommes de nous questionner, Emmanuel Diet écrit " tout clinicien doit être attentif à ne pas se laisser envahir par la prégnance de la réalité traumatique extérieure, tout en la reconnaissant dans la brutalité de son efficience et de sa factualité. De plus en plus, et singulièrement lorsqu'il travaille en institution, le psychanalyste ou plus généralement le clinicien, se trouve avec des éléments de réalité qui menacent ou intrusent son dispositif, mettent en danger sa position symbolique et ses modalités de travail sous prétexte d'évaluation de sa pratique ou de contrôle gestionnaire.". Et cela n'est jamais sans répercussions sur la clinique .

Ceci n'est que court résumé, extrait d'un texte bien plus riche, plus dense mais je pourrais citer tant de phrases qui me parlent, comme celles sur la place du père qui dénoncent à juste titre les discours pseudo-savants sur la disparition de l'autorité teintés de moralisation et qui ouvrent la voie à des réponses toujours plus sécuritaires.

Vous aurez compris qu'il est difficile de résumer ce texte autant qu'il est difficile d'arrêter d'en parler. Lisez le !!!



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Petit guide du jeune psy

24 Février 2010 , Rédigé par Caroline Aviez Publié dans #livres

Loin des grands textes psychanalytiques, le "Petit guide du jeune psy" nous renvoie à la réalité du terrain de l'être psychologue stagiaire ou  jeune clinicien.

A travers leurs exprériences et les témoignages de jeunes professionnels, les auteurs abordent les difficultés auxquelles on peut être confronté lorsque l'on est étudiant en psychologie ou jeune clinicien.
Comment choisir son lieu de stage ou rechercher un emploi ; le premier contact avec un patient ; le cadre ; les réunions d'équipes ; la fin d'un suivi ; le travail en privé  et tous les imprévus ...

Autant de questions et de situations que ce petit livre (sans prétention d'y apporter une réponse ou une solution) tente d'éclaircir.

" Il va de soi que ce petit livre ne remplace pas la nécessité pour le jeune psychologue-clinicien de se faire encadrer de près par des cliniciens expérimentés, et il ne remplace pas non plus une formation solide en méthodes psychothérapeutiques, quelles qu'elles soient. Par contre, il clarifie quelques fondements de la rencontre clinique".

Facile à lire, riche en témoignages, cet ouvrage nous montre qu'être "psy" n'est pas simple, que la théorie, si importante soit elle, ne suffit pas face aux patients. Ils faut s'armer pour affronter la clinique, et pour ce faire, rien ne vaut le contact avec d'autres professionnels. 

Un "petit guide" qui permet de se sentir un peu moins seul face aux difficultés et aux questionnements que l'on peut rencontrer lorsque l'on est "jeune psy". 

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Retour sur le colloque de la revue Dialogue

19 Février 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

3 orateurs le matin ce qui laisse le temps de développer son propos, puis l'après-midi un choix d'ateliers avec un de ces orateurs pour approfondir la discussion, voilà le programme de la journée.

Celle-ci débute avec l'intervention de Jean-Claude Rouchy qui revient sur son idée centrale de groupe d'appartenance primaire qu'il nomme le chaînon manquant entre la société et l'individu, la foule et l'intrapsychique. Il s'interroge sur le passage entre l'intrapsychique et la réalité sociale. Son propos se développe à partir de l'oeuvre de Nicolas Abraham et  Maria Torok et la question de la transmission et du secret. Une intervention claire mais qui ne fait que reprendre des choses désormais maintes fois entendues.

Puis vien le tour de Vincent de Gaulejac, sociologue clinicien 5349 2409071043 335
connu pour son travail sur la honte, il s'intéresse au rapport entre roman familial et trajectoire sociale et pose l'hypothèse suivante "l'individu est le produit d'une histoire dont il cherche à devenir le sujet" Mais elle commence quand l'histoire ?Dans sa pratique de sociologue il utilise le géno-sociogramme, son attention se porte sur l'impact des événements socio-historiques, il cite Pierre Legendre "La généalogie civilise l'inconscient".

Vincent de Gaulejac s'interroge également sur l'impératif de transmettre, et sur la place de l'individu dans la société actuelle.
A travers son exposé des ponts se jetés entre la sociologie et la psychanalyse, le rapport entre les disciplines prend tout son sens. Le choix de l'atelier de l'après-midi est fait !


Vient ensuite le tour de Jean-georges Lemaire qui s'intéresse aux ambiances dans les séance en partant de situations particulières des thérapies de couple où l'un des deux a déjà fait un travail analytique. Il s'interroge alors sur les éprouvés en séances. Comme bien souvent avec J-G Lemaire je reste sur ma fin avec une impression de confusion, le menu est alléchant mais ...

L'après-midi je me rends donc à l'atelier avec Vincent de Gaulejac où nous nous interrogerons sur la place faite au sujet dans notre société. Celle-ci dit "sois heureux, construis-toi mais débrouille toi" d'où un formidable terreau pour les coachs. Citant François Dubet qu'il cite "La lutte des places remplace la lutte des classes". Pour de Gaulejac l'identité devient alors le lieu de cristallisation des contradictions entre le social et le familial, on aurait besoin de collectif alors que le collectif traditionnel explose. Ses interrogations rejoignent celles de certains psy moins fermés à ce qu'il se passe autour d'eux et pour illustrer son propos il prend comme exemple le chomeur à qui on demande parlez moi de vous !, il s'érige avec justesse contre la psychologisation des phénomènes sociaux. Le discours se fait plus politique, fustigeant les dirigeants pris dans leur idéal "d'excellence durable". A l'opposé il y a l'exclusion.

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Nouvelles conférences à la Catho Lille

19 Février 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

Sublimation et sinthomation. La guérison en question

Conférence publique de Patrick Martin-Mattera
Psychanalyste, Professeur de psychopathologie IPPSA Angers
Mardi 2 mars, de 18h à 20h
Amphi 47 - 60 bd Vauban
Entrée gratuite

Les fonctions de l’inquiétant chez l’enfant. L’exemple du monstre

Conférence publique de Virginie Martin-Lavaud
Psychologue clinicienne. IPPSA Angers
Mercredi 3 mars, de 9h30 à 11h30
Salle 270 - 60 bd Vauban
Entrée gratuite

Pour ces deux conférences, merci de confirmer votre présence
auprès du secrétariat de psychologie
Tél.: 03-59-31-50-86

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UNE ANALYSE S’ENGAGE. Le singulier du transfert 27/03

14 Février 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

Samedi 27 mars 2010
Maison de la Mutualité, 24 rue Saint-Victor, 75005 Paris

JOURNEE D'ETUDE

UNE ANALYSE S’ENGAGE. Le singulier du transfert

Quand et comment s'engage une analyse ? Est-ce dans le temps premier de la demande ? Est-ce quand l'analyste la propose ?

Ce premier temps de rencontre n'est qu'une étape ; la surprise d'un effet de parole, le premier récit d'une souffrance à interroger font apparaître la possibilité de la cure avant que le projet en soit toujours décidé.

Analysant et analyste se trouvent "embarqués", l'engagement de l'analyste étant celui de soutenir son désir que l'analyse se fasse. Confiance et progrès sont mis à l'épreuve tout au long de la cure.

Aucune position n'est acquise. L'issue de la cure suppose que l'analyste soit sans a priori normatif et plutôt dans l'accueil du singulier.

Avec le transfert pour gouvernail.

Comité d’organisation

Marie-Christine BAFFOY, Marine ESPOSITO VEGLIANTE, François POMMIER,
Philippe PORRET, Sylvie SESÉ-LEGER

9h15
Introduction
Marine ESPOSITO VEGLIANTE, François POMMIER

9h30
Table ronde
Le commencement de l’analyse
Président
Philippe PORRET
Intervenants
Marcianne BLEVIS, Yves LUGRIN, François POMMIER

11h00
Table ronde
Penser le cadre dans le transfert
Présidente
Sylvie SESÉ-LEGER
Intervenants
Marine ESPOSITO VEGLIANTE, Catherine MULLER, Pierre SULLIVAN

APRÈS-MIDI

14h30
Table ronde
Les intermittences de l’analyste
Présidente
Dominique GUYOMARD
Intervenants
Elisabeth CHAILLOU, Marie-Christine MOULIER, Jean-Claude POLACK

16h00
Table ronde
Rester analyste sans l’être ?
Président
Alain LEMOSOF
Intervenants
Claudie BOLZINGER, Jean FLORENCE, Cathie SILVESTRE

17h15
Conclusion
Patrick GUYOMARD

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Adam Philips "3 capacités négatives" Eds de l'Olivier

9 Février 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #livres

La frustration a du bon pour le psychanalyste Adam Phillips.

Un vent nouveau s'est levé sur la psychanalyse, le corset étouffant de la théorie s'est desserré. Bref, un bon coup de plumeau sur divans et bibliothèques. Ce courant d'air frais et tonique nous vient de Grande-Bretagne, l'excellente patrie, le home de la psychanalyse d'enfants. Que l'on songe à Anna Freud et à Melanie Klein, à John Bowlby et, bien sûr, au grand Donald Winnicott. Aujourd'hui, avec Adam Phillips, a star is born. En France, le public se met, enfin, à découvrir ce psy-chanalyste insolite, avec un habituel train de retard.

Ses références : Keats, Shakespeare, Orwell

Né en 1954 à Cardiff, de parents juifs polonais, il entreprend des études de littérature à Oxford et, foudroyé par la lecture de l'autobiographie de Jung, devient psychanalyste d'enfants au Charing Cross Hospital de Londres. Ses références sont le poète Keats, Shakespeare, Orwell dont il apprécie la fameuse "décence ordinaire", le simple respect dû à autrui. Il est consacré par le Times comme le "Martin Amis de la psychanalyse britannique", écrivain et critique de la condition "postmoderne". Adam Phillips, contributeur régulier à la prestigieuse London Review of Books, connaît bien les affinités secrètes qui lient littérature et psychanalyse.

"La psychanalyse britannique, c'est d'abord une question d'écriture", avance Adam Phillips. Le style, c'est le psychanalyste, et il faut écrire pour toucher, faire du remue-ménage dans les têtes figées. Hélas, la psychanalyse française, sauf pépites, est devenue une lourde barque chargée d'essais abscons, de monologues universitaires, de livres saturés de pseudo-scientificité, de quoi décourager le lecteur. Finalement, on a oublié l'essentiel : la psychanalyse s'adresse à tous. Qui ne traverse le défilé périlleux du sexe, de l'angoisse et de l'identité, bref, les turbulences de la vie psychique ? Et Lacan, notre parangon national, cet homme hiéroglyphe ? "Il a réussi la plus magnifique mise en scène de lui-même !" s'amuse Adam Phillips. La psychanalyse britannique en use autrement. "Je parle de choses ordinaires, accessibles à tous. Je suis résolument antiélitiste", déclare-t-il, non par bonté d'âme mais, encore une fois, parce que la psychanalyse s'adresse à l'être de chacun.

Quels patients voit-il défiler dans son cabinet londonien ? Quelles nouvelles pathologies ? Adam Phillips se refuse à tout discours "grandiose", comme il dit, à toute position en surplomb. Mais il a bien des idées. "Je ne peux parler que de mes patients. C'est la qualité de la relation humaine qui fait problème. Les gens sont désespérés à la simple idée d'une relation amoureuse qui ne serait pas durable ; jeunes, ils hésitent quant à leur possibilité de devenir adultes. Il y a une peur de perdre : la vie, la jeunesse, l'amour, la sécurité. Je constate souvent chez les adolescents de l'anorexie, des crises d'angoisse, une confusion entre le réel et la virtualité informatique."

Dans son dernier livre, Trois capacités négatives, Adam Phillips évoque l'étrange figure du perfectionniste chagrin. Maître intraitable, accroché à ses exigences comme à la vie, ce dieu ne se remet pas d'une défaillance, et sa personnalité, dure comme un monolithe, ne sait pas transiger. Une clôture impossible et tragique. Un rien manque et tout manque. On reconnaît, évidemment, le "conformiste", le héros rigide de Moravia, recyclé dans le film inquiétant de Bertolucci. De la pâte à fasciste. Pourquoi cette digression ? L'homme contemporain a du mal avec la frustration, il y a un climat d'avidité qui consiste à tout vouloir tout de suite. D'abord, en finir avec la frustration, c'est vouloir se débarrasser de ses désirs donc de la vie même, ce qui est vraiment curieux. Ensuite, la frustration, c'est se ménager un espace salutaire pour soi et pour l'autre, éviter la saturation, le trop-plein des objets. Pouvoir imaginer ou se représenter, c'est, tout simplement, respirer.

Alors si vous demandez à Adam Phillips, enseignant à l'université d'York et actuel maître d'oeuvre d'une nouvelle traduction de Freud chez Penguin, pourquoi une analyse ? "Le but d'une analyse n'est pas tant de soigner les gens que de leur montrer ce qui, chez eux, est incurable", déclare-t-il. On ne guérit pas de la vie, on ne se dérobe pas à ses désirs interdits, sauf à voir le symptôme se rappeler à votre mémoire. Chacun doit accepter sa part de folie. Son humour, très semblable à celui de son maître Winnicott, l'a immunisé contre tout dogmatisme. Non, la psychanalyse n'est pas une science, mais une aventure incertaine. "On ne peut pas dire à un analysant, je vais vous raconter une histoire drôle. Non. Vous racontez et c'est à lui de voir", déclare, en souriant, ce psychanalyste dubitatif.
 02 10 a. philips trois capacites negatives couvCapacité négative : l’expression vient de Keats. C’est la « qualité qui contribue à former un homme accompli lorsqu’il est capable d’être dans l’incertitude, les mystères, les doutes sans courir avec irritation après le fait et la raison ».
 
Être un embarras, être perdu, être impuissant – trois capacités négatives, éprouvées dans l’enfance, récusées plus tard de telle sorte que, contrairement à l’enfant, on ne vivra pas pour de bon, on fera semblant. Le plus singulier des essayistes britanniques actuels les fait revivre et montre à quel point elles fondent notre singularité.

Si avec tout cela vous n'êtes toujours pas convaincu de l'utilité de lire cet essai, que dire de plus ?
C'est une source de réflexion pour tout clinicien qui veut bien être à l'écoute de ses doutes? partant d'un poème de Holub, Adam Philips écrit "Etre perdu pour se plonger utilement dans l'illusion, rendre inventive la négligence, donner à l'inattention des fins heureuses .." et en conclusion "La frustration, l'incapacité, l'insuccèss sont, en tantqu' héritiers du complexe d'Oedipe, les conditions préalables de la santé.Là, rien n'est moins réaliste que le désir de réussir.C'est affaire de comment chuter ou, comme dit Beckett , de comment "rater mieux"".

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Journée de l'association Abraham-Torok 13/03 Paris

7 Février 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #conférences

Journée Clinique Samedi 13 mars 2010
 Le Cristo (anciennement Polonia)
 Le matin, présentation de Marie Balmary « Dans notre champ, le fait ne précède pas le savoir. Il faut croire l’autre pour que le fait puisse apparaître. Freud inventé une méthode pour écouter ce que dit l’esprit humain, mais sa conception de l’homme l’empêche bien souvent de l’entendre. Il n’a pu croire dans leur amplitude ni le bien ni le mal. Trauma, bible énigmatique de son père, trouble sur l’Acropole. L’après-midi Marie-Suzanne Kalogeropoulos nous introduira sa réflexion sur la problématique du Fantôme partir de sa clinique. La journée se terminera par l’Assemblée Générale 2009 de l’Association.

  9h15 - 9h30 : Introduction
 9h30 - 10h30 : Marie BALMARY Vers une écoute plus large de l’esprit humain
11h00—12h00 : Discussion avec une intervention de Jean Claude Rouchy comme discutant 
14h00 -14h15 : Introduction
14h15 - 15h15 : Marie-Suzanne KALOGEROPOULOS Unité Duelle et Psychanalyse Mutuelle : la problématique du Fantôme, à partir du « terrorisme de la souffrance ». 
15h45 - 16h45 : Discussion avec une intervention de Claude Nachin comme discutant

16h45 : Assemblée Générale 2009 de l’Association
Le Cristo 20 rue Legendre 75017 PARIS (Parking : avenue de Villiers) Métro : Malesherbes, Villiers et Monceau
Eléments bibliographiques Marie Balmary, L’homme aux statues - Freud la faute cachée du père, Paris, Grasset, 1979. Le sacrifice interdit : Freud et la Bible, Paris, Le Livre de Poche, coll. Biblio Essais, .1986 La divine origine : Dieu n’a pas créé l’homme, Le Livre de Poche, coll. Biblio Essais, 1993. Abel ou la traversée de l’Eden, Paris, Grasset, 1999. Je serai qui je serai : exode 3.14, in E. Blattschen L’intégrale des entretiens noms de dieux, Alice Editions, 2001. Le moine et la psychanalyste, Le Livre de Poche, Essais, 2005.

 BULLETIN D’INSCRIPTION à retourner avant le 6 mars 2010 Nom / Prénom : Adresse : S’inscrit à la journée clinique du 13 mars et règle la somme de : Par chèque bancaire ou postal à l’ordre de « ASSOCIATION EUROPÉENNE NICOLAS ABRAHAM ET MARIA TOROK ». Participants : 60 € Membres de l’Association : 40 € Etudiants : 30 € (présentation de la carte) Association Européenne Nicolas Abraham et Maria Torok c/o Corinne PELLETIER 7 cité des Trois Bornes 75011 PARIS assoc.abraham.torok@orange.fr Attention, possibilités limitées d’inscription sur place.
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Sensibilisation à la dynamique de groupe 25/04

6 Février 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #infos

Désolé le groupe est déjà complet, il existe une liste d'attente. Nous réfléchissons à proposer soit un autre groupe plus tard dans l'année, soit une autre formule.
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Freud toujours actuel, article paru dans les Inrocks

1 Février 2010 , Rédigé par laurent rompteaux Publié dans #infos


A l’heure où ses écrits entrent dans le domaine public, relire Freud : un très actuel écrivain de l’intranquillité.

Freud envahit les librairies. Après que son oeuvre a été contrôlée durant des décennies par trois éditeurs (Payot, Gallimard, PUF), d’autres (Seuil, Garnier-Flammarion…) élargissent le cercle freudien grâce aux nouvelles traductions qu’autorise depuis le 1er janvier l’entrée de son oeuvre dans le domaine public (libre de droits).

 

Par-delà les divergences entre les ultraspécialistes de la langue allemande et ceux de la langue freudienne (doit-on traduire par “culture”ou “civilisation” le mot “Kultur” ?), cet effet de masse n’est pas sans ambiguïté.

 

Car si Freud n’a jamais été autant traduit, lu ou commenté, si ses théories n’ont jamais autant infiltré l’espace social et médiatique, jusque dans la caricature dévoyée de sa pensée (les avis des psys à toutes les sauces sur tout et n’importe quoi dans les journaux féminins et à la télé), l’inventeur de la psychanalyse subit dans le même mouvement un rejet brutal.

 

Du Livre noir de la psychanalyse aux sarcasmes répétés de ses nombreux ennemis autoproclamés, qui souvent associent Freud à Marx comme figure du mal moderne, il y a de quoi douter de la “popularité” de Freud.

 

Si son fantôme hante nos esprits et nos librairies, il a l’allure d’un vampire que beaucoup voudraient voir disparaître dans le ciel idéologique du fameux “comportementalisme” et des pratiques thérapeutiques qui enterrent l’impact de l’inconscient sur nos vies obscures.

 

Freud nous aurait, selon ses détracteurs, trompés, au nom des fameux critères de son efficacité relative. Passer vingt ans sur un divan (ça arrive…) suffirait à le délégitimer.

 

Outre que cette attaque reste un peu courte, c’est au coeur de ce paradoxe, entre admiration aveugle et rejet absolu, qu’il faut le lire ou le relire.

 

Même un novice, voire un sceptique de l’inconscient et du complexe d’OEdipe, ne peut que mesurer, par exemple, la force visionnaire d’un texte comme Malaise dans la civilisation, écrit en 1929.

 

Quatre-vingts ans après, comment ne pas déceler dans ce livre limpide, habité, tout sauf jargonnant, la marque d’une réflexion fondatrice, posant les jalons de nos angoisses animées par nos pulsions d’autodestruction ?

 

“Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature qu’avec l’aide de celles-ci il leur est facile de s’exterminer les uns les autres jusqu’au dernier. Ils le savent, d’où une bonne part de leur inquiétude actuelle, de leur malheur, de leur angoisse.”

 

La psychanalyse n’a jamais prétendu sauver le monde, elle en mesure simplement le principe d’inquiétude pour tenter d’y faire face.

 

C’est la bonne nouvelle de cette avalanche : révéler à ceux qui en doutent encore que Freud reste le grand écrivain de l’intranquillité.

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